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Bassaiev, la bête noire de Moscou

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Bassaiev, la bête noire de Moscou

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On lui doit ces images qui ont bouleversé le monde entier. Le 1er septembre 2004, un commando tchétchène prend l‘école de beslan en otage. Deux jours plus tard, les troupes russes donnent l’assaut. Bilan: 344 morts dont 186 enfants. Très vite, Bassaiev revendique la prise d’otage. L’an dernier dans une interview à la chaine ABC, il dit n’avoir pas prévu une issue si dramatique mais n’exprime aucun regret.

“Officiellement, plus de 40.000 de nos enfants ont été tués, des dizaines de milliers sont mutilés. Est ce qu’on a jamais parlé d’eux?
“Ce que vous voulez dire, c’est que leurs enfants sont responsables…
“Ce ne sont pas leurs enfants qui sont responsables, la responsablité incombe à toute la nation russe.”

Depuis plus de 10 ans Bassaiev était devenu l’ennemi public numéro un en Russie et d’importants moyens étaient mis en oeuvre pour l’avoir mort ou vif.

En 1995, lui et 150 de ses hommes font entrer brutalement la Russie dans l‘ère du terrorisme à grande échelle

A Budennovsk dans le sud du pays, ils prennent 1500 civils en otage dans un hopital, des vieillards, des femmes, des enfants et même des nouveaux nés. Lors de l’assaut 6 jours plus tard, plus de 100 personnes périront et 33 terroristes. Mais Bassaiev réussit à s’enfuir. L’ouverture des négociations de paix qui suivent se soldent par un échec.

Quand commence la deuxième guerre de Tchetchénie, Bassaiev se radicalise. En 2002, il lance une autre action spectaculaire, au coeur même de Moscou, 800 personnes prises en otage dans le théâtre de la Dubrovka, en pleine représentation, humiliant pour Moscou.

Héros de la première guerre d’indépendance de la Tchétchénie, Bassaiev tente une percée en politique en 97, mais c’est un modéré qui l’emporte, Aslan Maskhadov, après Beslan ce dernier prendra publiquement ses distances avec Bassaiev, ce qui ne l’empêchera pas d‘être abattu par les forces russes il y a un an.

La mort de Bassaiev était programmée depuis longtemps par l’armée russe. Elle laisse une lourde incertitude au sien de la rébellion tchétchène, décapitée.