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L'économie cubaine sous Castro

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L'économie cubaine sous Castro

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Après la prise de pouvoir (1959), le gouvernement révolutionnaire cubain nationalise 90% du secteur industriel et 70% des terres agricoles. Très vite les relations avec l’ancien grand frère américain se détériorent et en 1962 Washington décrète un embargo commercial, économique et financier. Toujours en vigueur aujourd’hui après 44 ans…

Le blocus est en partie responsable des difficultés du régime. Mais l’effondrement de l’U.R.S.S., qui était un précieux allié commercial pour la Havane, a sérieusement affaibli l‘économie de l‘île pour qui les années 90 s’annoncent difficiles. C’est à cette époque que Fidel Castro comprend qu’il est nécessaire de libéraliser un peu l‘économie. Il autorise le développement d’entreprises privées et en 1994 légalise le dollar américain.

Le tourisme est aussi encouragé. Des infrastructures sont créées, de nombreux cubains se reconvertissent en hôteliers ou restaurateurs. Important pourvoyeur de devises le secteur est en passe de devenir la première activité économique du pays. Avec près de 2 millions de touristes par ans, il génère plus de 2 milliards de dollars de revenus. Mais cette ouverture ne passe pas sans ébranler les valeurs inculquées par la révolution et créé des inégalités. Le fossé est de plus en plus net entre ceux qui possèdent les dollars et ceux qui n’en possèdent pas.

Depuis plusieurs années, l’agriculture cubaine est en déclin. Elle emploie pourtant toujours un quart de la population active mais ne représente que 6,6% du PIB. Les principales ressources restent le sucre, malgré un secteur en restructuration, et le tabac. Le pétrole est lui en plein boom. En 1984 Cuba produisait 16 000 barils/jours, aujourd’hui près de cinq fois plus avec 74 500 barils/jours.

Une production qui ne permet toutefois pas d’assurer l’autosuffisance mais le régime a trouvé en la personne du président vénézuélien Hugo Chavez un allié de poids. L’accord signé en 2000 entre les deux pays amis prévoit que Caracas fournisse du brut à bon marché à la Havane en échange de l’envoi de médecins cubains. Un nouveau gisement découvert en 2004 rend les prévisions des experts très optimistes. D’aucuns estiment que la production pourrait doubler d’ici 2008 et les Etats-Unis ne sont pas les derniers à y prêter un œil attentif.