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Jaroslaw Kaczynski, premier ministre polonais

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Jaroslaw Kaczynski, premier ministre polonais

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Jaroslaw Kaczinski a pris la tête du gouvernement polonais après la grave crise qui a touché les principaux partis politiques polonais. Il dirige une coalition de trois partis conservateurs représentant les nationalistes et les catholiques intégristes. Certains membres de cette coalition sont partisans d’une législation anti-homosexuels et de la réintroduction de la peine de mort.

Euronews : Monsieur le premier ministre bienvenu sur Euronews : la Pologne, avec le gouvernement que vous dirigez, est-elle en train de modifier ses relations avec l’Union européenne, par rapport aux engagements qu’avaient pris vos prédécesseurs ?

Jaroslaw Kaczinski : Si on fait référence au traité d’adhésion, le fait qu’on ait adhéré à l’Union est très positif et nous avons soutenu l’adhésion à l’Union européenne. Bien sûr, nous pouvons discuter des différents éléments concernant cet accord, mais cela n’a plus aucun sens, car c’est un fait qu’on doit accepter. En ce qui concerne l’Union politique je ne vois aucune contradiction: on peut très bien conserver les Etats-nations souverains dont l’existence est une condition préalable au bon fonctionnement de la démocratie. Car il n y a pas aujourd’hui de système démocratique qui puisse remplacer les Etats-nations et en même temps qui soit capable d’entamer une construction européenne. Cette structure permettrait une forme de coordination permanente entre les pays, basée sur la subsidiarité. Et en plus elle serait capable de créer une vraie puissance européenne, notamment une structure politique capable de tenir tête aux Etats Unis, à la Chine et aux autres puissances.

Euronews : La Pologne, sous votre gouvernement, et votre direction, est-elle en train de redéfinir ses relations avec l’Union européenne et ses partenaires européens; et en particulier après ce qu’on peut appeler la crise des principaux partis politiques, les partis traditionnels en Pologne ?

Jaroslaw Kaczinski : Notre formation c’est un parti chrétien conservateur classique. La scène politique polonaise aujourd’hui est beaucoup plus structurée, et fédérée autour de quelques grands partis : en fait deux grands partis, on peut donc dire qu’on a atteint une normalité européenne.

Euronews : Selon vous, la Pologne a-t-elle besoin de la peine de mort ?

Jaroslaw Kaczinski : Ce n’est pas une proposition de mon parti, mais d’un autre. Mais c’est vrai que ce parti existe, il s’agit d’une petite formation d’une vingtaine de députés, ils ont le droit de proposer la peine de mort, mais cette demande n’a aucune chance de se concrétiser.

Euronews : La Commission européenne a ouvert une enquête sur les chantiers navals de Gdansk. Pensez-vous que votre gouvernement luttera pour sauver ce symbole si important de la liberté en Pologne ?

Jaroslaw Kaczinski : La commission européenne agit dans le cadre du droit européen, je suis ravi d’avoir pu convaincre le president Barroso de ne pas classer l’affaire, de poursuivre les efforts en travaillant pour une solution positive. Mais si vous me posez la question: est-ce que je suis prêt à défendre à tout prix les chantiers navals où j’ai passé des semaines en tant que manifestant ? Je vous réponds : oui je suis prêt à les défendre à tout prix.

Euronews : D’après vous l’Union européenne a-t-elle besoin d’une politique étrangère commune plus efficace, particulièrement après la crise du Proche Orient ?

Jaroslaw Kaczinski : Oui je crois qu’une telle politique étrangère pourrait s’inscrire au profit de l’Europe et du monde, mais pour qu’elle soit sérieuse, l’Europe doit être beaucoup plus forte. Plus forte aussi sur le plan militaire et elle devrait avoir sa propre force militaire, une force crédible. C’est un problème à résoudre dans l’avenir, mais j’ai bien peur qu’on ne progresse pas beaucoup dans les années à venir. Pourtant, il faut avancer dans cette voie pour que l’Union européenne devienne un partenaire qui parle d‘égal à égal avec les Etats Unis et la Chine, car la Chine va devenir une grande puissance; l’Europe doit être forte dans ce contexte- là. Voilà l’Union européenne que je souhaite.

Euronews : Est-ce que les relations entre la Pologne et l’Allemagne vont s’améliorer par rapport à ce qu’elles étaient il y a quelques mois ?

Jaroslaw Kaczinski : Je crois qu’au cours du mois d’octobre elles vont s’améliorer.

Euronews : Pourquoi en octobre ?

Jaroslaw Kaczinski : Parce qu’il y aura des réunions.