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Priorité à la diplomatie pour la Turquie

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Priorité à la diplomatie pour la Turquie

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Contre vents et marées qui soufflent et montent au sein de l’opinion publique turque, opposée à un engagement dans la force d’interposition au Liban, Ankara campe sur sa position. Le gouvernement turc souhaite envoyer des Casques bleus sur place, espérant ainsi jouer un plus grand rôle international et favoriser son adhésion à l’Union européenne. Pas de problème. Le parti islamiste et conservateur au pouvoir, l’AKP, a la majorité absolue au Parlement et ses troupes ont joué cette fois la loyauté. En mars 2003, cela n’avait pas été le cas. Les députés turcs avaient refusé que les Etats-Unis utilisent leur territoire pour lancer une offensive dans le nord de l’Irak.

Pour l’armée turque, la contribution à la Finul renforcée est un moyen de donner une bonne image d’elle-même. Et aussi de mieux juger de l’influence de l’Iran dans la région. Ce n’est d’ailleurs pas la première participation de la Turquie à des missions de paix délicates. Ses troupes se sont notamment illustrées après les guerres de Bosnie, du Kosovo, et d’Afghanistan. L’Afghanistan où les Turcs avaient envoyé l’un des plus gros contingents.

Côté israélien, la Turquie entretient depuis des années des rapports de coopération très étroits avec l’Etat hébreu, dans des domaines stratégiques, tant militaires qu‘énergétiques. Mais l’opinion publique reste majoritairement anti-américaine et anti-israélienne. La géostratégie est une chose mais un enlisement au Liban coûterait cher au parti AKP de Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier veut plutôt penser à l’amélioration du climat des négociations avec l’Union européenne, que devrait lui amener son engagement libanais. Seule la question chypriote continue à semer le trouble. Mais du Liban à Chypre, il y a peu de distance. Le premier dossier permettra peut-être de résoudre le second.