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Mode : Madrid lance le débat sur les mannequins trop maigres

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Mode : Madrid lance le débat sur les mannequins trop maigres

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Si dans les années 90, des mannequins comme Kate Moss ont fait rêver les femmes, leur extrême minceur est devenue aujourd’hui un cauchemar pour les nutritionnistes. Sur les podiums, la lutte contre l’anorexie s’affirme comme la dernière tendance de la mode. En Espagne, où 1 million de femmes souffriraient de cette maladie, plusieurs mannequins considérées trop maigres ont été exclues de la Passarela Cibeles, le grand rendez-vous de la mode madrilène qui a commencé aujourd’hui. “On a fini par trouver un accord, explique ici ce couturier espagnol. Le but, c’est d‘éviter que les images des modèles n’influe d’une façon négative sur les plus jeunes”.

Ont été recalées les mannequins présentant un indice de masse corporelle, calculé sur la base d’un rapport taille-poids, inférieur à 18 (56 kilos pour 1m75), c’est la limite qu’ont fixées les autorités de Madrid en se fondant sur les critères de l’Oms, la moyenne des femmes allant de 22 à 26.

Les autres hauts-lieu de la mode internationale vont-ils suivre l’exemple au nom de la santé publique? L’anorexie est la maladie mentale qui tue le plus de femmes dans le monde, autour de 6-10% des personnes atteintes. Parmi les personnes à risques, les adolescentes, ultra-sensibles à l’image formatée de l’idéal féminin distribuée par les magazines de mode. En Argentine ou dans le sud de l’Espagne, les autorités ont même interdit la vente des vêtements au dessous de la taille 36 pour freiner la maladie.

“ Vous savez, les vêtements ont plus d’allure sur une fille maigre, et du coup, les gens les achètent, reconnait ce modèle britannique. Mais je pense que la mode s’intéresse plus maintenant aux filles bien en chair. On veut des filles avec de la poitrine, des filles avec des courbes… Les gens ont envie d’allures plus saines”.

Pour l’instant, Londres, Milan ou Paris affichent leur opposition à un Imc minimum. C’est la pleine saison des défilés, et toutes plus filiformes les unes que les autres, les jeunes mannequins faisant la fortune d’une industrie qui brasse des milliards seront présentes en masse sur les podiums.