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Union européenne-Russie : une équation difficile

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Union européenne-Russie : une équation difficile

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Comment ne pas froisser la Russie pour continuer à profiter de son gaz tout en critiquant son évolution autoritaire ? C’est un peu l‘énigme à résoudre pour l’Union Européenne, à deux jours du Sommet européen de Lahti en Finlande, sommet où Vladimir Poutine est invité.

Un sommet au cours duquel les questions de l’immigration et de l’innovation risquent de passer au second plan au profit de celle de l‘énergie. Bruxelles aimerait développer un partenariat stratégique avec Moscou… Jose Manuel Baroso, président de la Commission européenne : “Nous, l’Union Européenne, sommes les plus gros acheteurs dans le monde de l‘énergie. C’est une situation de donnant-donnant, et notre levier, c’est justement notre marché. C’est cela le message que nous allons faire passer de manière constructive mais ferme au Président Poutine”.

La Russie, depuis quelques mois, inquiète les Européens, Moscou par exemple a entrepris de bloquer le gigantesque projet piloté par l’Anglo-néerlandais Shell sur le site russe de Sakhaline pour non-respect de l’environnement. Mais les gisements russes dépendent aussi d’investissements européens.

Michael Emerson, expert européen : “Il s’agit d’un jeu très long, des deux côtés. Les investissements qui sont faits sur les gazoducs sont des investissements sur des projets de 20 ou 30 ans. Le processus de démocratisation et d’européanisation est aussi le problème d’une génération ou deux”.

Alors voilà : sans progrès russe sur les droits de l’homme, moins d’argent européen. Mais moins d’argent européen pour la Russie égale moins de gaz pour l’Union européenne… Une équation difficile à résoudre et qui place le Kremlin au moins pour l’instant en position de force.