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Lutte contre la mafia italienne: des initiatives jusqu'à présent sans effet

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Lutte contre la mafia italienne: des initiatives jusqu'à présent sans effet

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Il y a deux ans, le ministre de l’Intérieur de l‘époque, sous la bannière de Forza Italia faisait le voyage. Il signait avec les autorités locales un accord sensé permettre une meilleure coordination en matière de lutte contre la criminalité. Deux ans plus tard, le discours de la mairesse de Naples n’a pas changé : “Par dessus tout, nous avons besoin d’une grosse mobilisation, comme ce fut le cas contre terrorisme dans les années 70. Nous devons combattre les criminels, nous avons besoin de politiques de prévention culturelle et sociale. J’ai demandé au gouvernement de ne pas oublier Naples… Ce n’est pas quand elle se bat qu’il faut l’abandonner…”

Les mesures prises régulièrement, y compris les arrestations, n’y font rien. La guerre des clans ne s’apaise pas. Ils se partagent l‘économie criminelle du secteur mais gèrent aussi en toute légalité des secteurs entiers comme les éboueurs ou le commerce local des fleurs et de la viande.
La mafia, fléau du sud italien, le Mezzogiorno, dont le pays a longtemps cherché à nier l’existence.

Forte de 20 millions d’habitants, la zone en question comprend 6 régions. 3 principales mafias en sont issues: Cosa Nostra en Sicile, la Ndrangheta en Calabre, et la Camorra à Naples. Leur chiffre d’affaire cumulé s‘élève à près de 81 milliards d’euros. A Naples, 53% des 25-30 ans sont au chômage. Or la Camorra emploie entre 80 et 100 000 personnes. Son chiffre d’affaire est de 25 milliards d’euros.

Un commissaire anti racket de Naples résume ainsi la situation: à 18 ans, un jeune pourra gagner 1000 euros par jour avec le trafic des stupéfiants, mais il aura 6 chances sur 10 de mourir avant 25 ans. Des messages qui visent les jeunes générations.

Mais ici, pour avancer, il faut se battre contre les idées reçues, les lourdeurs administratives et la frilosité des banques. Par manque d’infrastructures, le coût d’une entreprise est plus élevé de 20% comparé au reste de l’Italie.

Pourtant depuis 12 ans, la ville a profité des financements extérieurs pour redorer son image, exploiter un patrimoine unique, attirer le tourisme et les industries de pointe. Un miracle qui a ses limites, avec toujours, la criminalité comme baromêtre.