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Après des années de craintes liées aux tensions ethniques, un consensus s’est dégagé dans les partis traditionnels, autour de la politique restrictive d’immigration du gouvernement sortant. Prioritaire il y a deux ans après le meurtre de Théo Van Gogh, le débat a été presque absent de la campagne. Selon un sondage, 67 % de la population serait fatiguée de ce thème. Les leaders politiques ont donc pris soin de ne pas s’affronter sur la question, dont s’est emparée l’extrême-droite populiste.

“Je redoute le tsunami de l’islamisation qui arrive en Europe, aux Pays-Bas”, affirme Geert Wilders, qui se pose en héritier de Pim Fortyun. Et le dirigeant populiste d‘énoncer que l’Islam est une “religion violente”, le Coran est un “ouvrage violent”. “Nous devons cesser d’ouvrer les portes des Pays-Bas à l’Islam, dit-il. Je crois qu’il faut faire, et je fais une distinction entre la religion et les gens. Je ne crois pas en un islam modéré, l’islam est une religion qui se trompe, mais, en revanche, je crois dans les gens. Nous devrions désormais miser sur les musulmans modérés qui heureusement sont la majorité aux Pays-Bas”.

Les idées de l’extrême-droite ont été peu ou prou intégrées par les partis traditionnels. La ligne dure adoptée par les démocrates-chrétiens du CDA et leurs alliés libéraux du VvD pour réduire l’immigration n’est pas contestée par la gauche travailliste du PvdA. Résultat : les communautés d’immigrés se sentent abandonnées.

“Comme ils avaient peur de perdre leur électorat, ils ont accepté l’adoption au Parlement de beaucoup de mesures discriminatoires envers les populations immigrées des Pays-Bas, explique Abdou Menebi, directeur du centre d‘étude sur l’immigration. Il ajoute : “on est très déçu : il n’y avait pas de position claire contre les mesures d’expulsion, contre les mesures sécuritaires, contre les mesures prises pour limiter le regroupement familial”.

Plus que les problèmes d’intégration des musulmans (environ 6 % de la population), l‘équipe sortante a rappelé son bon bilan économique et la baisse du chômage à des électeurs qui ont préféré cette fois s’intéresser à la réforme des soins de santé, aux retraites et à la fiscalité.

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