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Le destin tragique de la famille Gemayel

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Le destin tragique de la famille Gemayel

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Pierre Gemayel, assassiné hier à Beyrouth, était membre d’une famille qui a marqué la vie politique libanaise depuis 50 ans, et qui l’aura payé de son sang. Les Gemayel, plusieurs générations de politiciens, viscéralement nationalistes, profondément anti-syriens. Les Gemayel, un destin tragique, comme le reconnaît Amine. “Pierre est le 5ème martyr dans notre famille. Avant lui, mon frère, mon neveu et ma nièce ont été tués. Malgré tout, nous gardons la foi. Nous gagnerons toujours contre les forces du Mal.”

L’histoire de cette famille s’est longtemps confondue avec celle de la communauté chrétienne maronite. Originaire de Bikfaya, un village du nord de Beyrouth, le clan Gemayel a donné au pays du Cèdre, un chef de parti, Pierre, plusieurs fois ministres. En 1936, il fonde le parti Kataeb, qui se veut le fer de lance du “nationalisme libanais”.

Dans les années 70, l’armée libanaise n’arrive pas à faire face aux militants palestiniens qui s’infiltrent à partir de la Syrie. Pierre Gemayel arme alors ses partisans. Un accrochage met le feu aux poudres le 13 avril 1975. Suivront de longues années de guerre civile.

Son fils, Bachir, chef du parti des Forces Libanaises, est élu président de la République en août 1982 dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban. A peine un mois plus tard, il est assassiné. Son fils aîné, Amine, lui succède. Il restera 6 ans au pouvoir. Dès le début de son mandat, il négocie un traité de paix avec Israël, sous les auspices des Etats-Unis. Une force multinationale est déployée. Mais plusieurs attentats terroristes amènent les grandes puissances à se désengager. Amine Gemayel doit alors composer avec la Syrie.

1989 marque la fin de la guerre civile. La Syrie place le Liban sous sa tutelle. Amine Gemayel et sa famille se réfugient à Paris.
En 2000, retour au pays. Pierre, le fils, fait alors ses débuts en politique. D’abord député, il devient le plus jeune ministre du gouvernement de Fouad Siniora, avant d‘être assassiné.