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Benoît XVI est en Turquie : un voyage placé sous le signe de la réconciliation entre le Christianisme et l'Islam.

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Benoît XVI est en Turquie : un voyage placé sous le signe de la réconciliation entre le Christianisme et l'Islam.

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C’est le premier voyage du Pape dans un pays à majorité musulmane. Premier moment fort de la journée la rencontre du Saint Père avec Recep Tayyip Erdogan. Le Premier ministre turc a accueilli le Pape dès sa descente d’avion. Depuis quelques jours la rencontre était incertaine. Recep Erdogan était en effet attendu à Riga en Lettonie pour le sommet de l’OTAN. C’est un geste d’apaisement de la part de la Turquie, alors que le Pape n’est pas le bienvenu pour la plupart des musulmans.

Ces derniers ne lui ont pas pardonné ses propos en septembre dernier à Ratisbonne en Allemagne. Benoit XVI avait mis en cause les risques de violence à l’intérieur de l’islam. Autre moment important, les paroles du Saint Père en faveur de l’adhésion d’Ankara à l’Union Européenne. Le Pape a défendu l’entrée dans l’UE de la Turquie, “charnière entre l’Asie et l’Europe”.

Benoit XVI a poursuivi son voyage en rendant hommage à la Turquie laïque. Il s’est d’abord recueilli sur la tombe d’Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne. Mustafa Kemal qui était un général respecté a proclamé la république turque en octobre 1923. Il a alors été surnommé Ataturk, le “père des turcs”.

Dans le même temps une poignée de personnes appartenant à des mouvances islamistes et nationalistes ont manifesté sous la surveillance étroite de la police anti émeute. Ces manifestations font suite à celles qui ont eu lieu dimanche à Istanbul et qui ont rassemblé 25000 personnes.

Le Pape a ensuite été reçu par le président turc, Ahmet Necdet Sezer. Le chef de l’Etat est sorti de son palais et a descendu quelques marches pour accueillir le Saint Père. Mais la rencontre la plus délicate pour Benoit XVI a été celle avec Ali Bardakoglu le directeur des affaires religieuses au sein du gouvernement turc.

Ce dernier avait tenu des propos très durs contre le Pape après le discours de Ratisbonne, estimant que de telles paroles reflétaient je cite, “la haine qu’il a dans son coeur” contre l’Islam. De haine il n’en est plus question. La poignée de main en fin de réunion, impossible il y a encore trois mois, est la preuve que les tensions se sont assagies laissant place au respect et au dialogue entre les deux religions.