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Pinochet, chef d'un des régimes les plus répressifs d'Amérique latin

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Pinochet, chef d'un des régimes les plus répressifs d'Amérique latin

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“Je n’ai aucun remords. Je n’ai assassiné personne. Je n’ai pas donné l’ordre de tuer des gens. C’est une aberration.” Ainsi parlait récemment l’homme qui a dirigé pendant 17 ans l’un des régimes militaires les plus répressifs d’Amérique latine.

Quand le 4 septembre 1970, le socialiste Salvador Allende est élu président, Augusto Pinochet obtient le grade de général. Trois ans plus tard, le 11 septembre 1973, Pinochet dirige le coup d’Etat qui entraîne le renversement et le suicide d’Allende.

Pinochet disait vouloir défendre la démocratie chilienne du péril communiste, et le pays le paiera au prix fort : exécutions massives d’opposants, emprisonnement des dirigeants de gauche, disparitions, tortures, exil de centaines de milliers de personnes… auxquels s’ajoutera la répression violente des manifestations qui, à partir de 1983, réclament le retour à la démocratie.

En 1990, Pinochet doit céder le pouvoir. Il reste cependant à la tête des forces armées jusqu’en mars 1998, date à laquelle il devient sénateur à vie. Se croyant protégé par son immunité parlementaire, il se rend à Londres en septembre 1998 pour s’y faire soigner, il y sera détenu pendant 503 jours à la demande du juge espagnol Baltasar Garzon.

Libéré pour raisons de santé, il rentre au Chili en mars 2000. En décembre Pinochet, contre lequel 300 plaintes ont été déposées dans son pays, est inculpé et assigné à résidence pour l’affaire de la “Caravane de la mort”, un escadron qui a parcouru le pays en 1973 pour assassiner des opposants. La Cour suprême classera l’affaire en juillet 2002, évoquant sa “démence légère”.

D’autres procédures seront encore ouvertes contre lui, portant notamment sur l’opération Condor lancée contre des opposants, mais aussi pour fraude fiscale. Le 30 octobre dernier, il est placé en résidence surveillée pour les crimes de la prison secrète de la Villa Grimaldi, puis libéré sous caution. Le 27 novembre, il est encore assigné à résidence pour à nouveau, l’affaire de la “Caravane de la mort”.

Autant de dossiers qui à ce jour n’ont jamais abouti.