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Turkménistan : le parcours d'un véritable autocrate

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Turkménistan : le parcours d'un véritable autocrate

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Saparmurat Niazov avait imposé un véritable culte de sa personne. Du haut d’une colonne de 95 mètres, une statue dorée tourne avec le soleil, portant son regard sur les quatre coins du pays. Elle représente Niazov, surnommé Turkmenbachi, le père de tous les turkmènes. Dans la capitale, Ashgabat, les images du président Niyazov sont omniprésentes. Pendant 20 ans, il a rêgné sur cette ancienne république soviétique : Premier ministre, chef des armées et leader du parti unique, et président à vie. Telle était la volonté du peuple se plaisait-on à dire dans son entourage, dans le plus pure style stalinien. Le culte entretenu autour de sa personne s‘étendait même à ses parents décédés.

Ainsi avait-il rénommé février du nom de sa mère, Gurbansoltan, janvier étant devenu Turkmenbashi. Né en 1940 dans une famille pauvre, son père meurt pendant la 2eme guerre mondiale. En 1948 Niazov perd sa famille dans le séisme d’Ashgabat, il sera élevé dans un orphelinat. Ancien aparatchik, ingénieur de formation, Niazov était aussi un poète. Son ouvrage de référence est le Roukh-nama, un guide politico-spirituel dont la lecture est imposée aux fonctionnaires et à tous les écoliers du Turkménistan.

Niazov aimait offrir un cheval à ses hôtes importants. Ici, tous les revenus du gaz rentrent directement dans les coffres de l’Etat, la prospérité n’existe pas pour les cinq millions de turkmènes. L’espérance de vie des femmes est la plus basse de toutes les ex-républiques soviétiques. Son peuple n’a pas connu la démocratie, même pas le respect des droits de l’homme, ce que dénoncent Human Wrights Watch et les visiteurs étrangers. Passionné des bijoux, qu’il arborait à ses doigts, Niyazov avait été placé troisième au hit parade de la poignée de dictateurs dans le monde, tout près du premier d’entre eux, le nord coréen Kim Jong Il.