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Moscou et l’arme du gaz

Moscou et l’arme du gaz

27/12/06 07:12 CET

monde

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Depuis un an, Moscou fait monter la pression sur le gaz et ne semble pas vouloir s’arrêter. Le bras de fer russo-bélarus n’en est que le dernier exemple. Une pression exercée pour tirer le plus grand profit de ses immenses reserves gazières, les plus importantes de la planète. Mais alors qu’il y a un an tout le monde criait à la vengeance, la crise actuelle avec le Bélarus a surpris les analystes politiques car à la différence de l’Ukraine et de la Géorgie pro-occidentale, Minsk est bien l’un des derniers alliés proches de Poutine dans la région. Ce cercle d’alliés s’est effondré en quelques années. Chevernadzé, Koutchma, Aliev, Akaiev. Tous ont disparu de la scène politique. La plupart victimes d’une vague de revolutions pro-occidentales.

Ainsi lorsque l’an dernier, Poutine s’attaque aux tarifs préférentiels de Tbilissi et de Kiev, tout le monde est convaincu que Moscou veut faire payer aux Géorgiens et aux Ukrainiens leur “trahison”. La théorie de la vengeance politique est largement reprise par les analystes, tel Andréï Illarionov, ancien conseiller de Poutine : “Si les négociations visaient à supprimer les subventions faites aux Ukrainiens alors il semblerait normal que les subventions soient aussi supprimées pour les consommateurs du Bélarus, ou d’autres pays, y compris les Russes. Mais ce n’est pas le cas. On peut donc considérer qu’il y a un autre objectif derrière tout ça qui n’a rien à voir avec la suppression des subventions”.

Mais la stratégie de Moscou est aussi guidée par des impératifs économiques. Pour la Russie il s’agit de conserver le contrôle du transit des hydrocarbures dans la région. Son monopole est remis en cause par les projets turcs et iraniens qui contournent le territoire russe. Vingt pour cent du gaz russe vers l’Europe passe par le Bélarus. Prendre le contrôle du réseau gazier bélarusse permettrait d’assurer ce transit. Et Gazprom n’a jamais caché ses ambitions en la matière, proposant l’amortissement de la hausse des tarifs par l’acquisition de 50% du réseau.

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