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La diplomatie au chevet de la Somalie

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La diplomatie au chevet de la Somalie

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Pour la deuxième fois en six mois, un nouveau pouvoir débarque à Mogadiscio. Après le régime éclair des islamistes, le gouvernement fédéral de transition promet de mettre fin à 16 ans de guerre civile. Mais le soutien militaire des Etats-Unis et de l’Ethiopie risque de mettre en péril la légitimité du nouveau pouvoir pour relancer la paix.

12.000 militaires éthiopiens ont participé à l’offensive qui a permis de chasser les combattants des Tribunaux islamiques. L’Ethiopie, pays chrétien, allié de Washington.

Au niveau régional, l’offensive menée au nom de la lutte contre le terrorisme, pourrait exacerber les tensions entre pays alliés des Etats-Unis et les pays qui soutiennent l’Union des Tribunaux islamiques. Washington l’accuse de cacher des membres d’Al-qaïda. Dans les faits, la Somalie a connu un rare moment de stabilité grâce à l’UTI.

Restaurer la paix s’annonce donc comme un pari difficile pour la diplomatie et notamment le Groupe de contact international qui soutient le gouvernement de transition créé en 2004.

Le Groupe de contact, un ensemble de pays et d’organisations, doit mettre en place une force internationale. Objectif: remplacer l’armée éthiopienne et aider le gouvernement à maintenir la paix. Le déploiement de 8.000 hommes sous contrôle de l’Union africaine était déjà prévu en 2005. Une action retardée en raison de la menace des milices de combattre toutes forces étrangères.

Stefano Manservisi, directeur du développement à la Commission européenne: “Une simple opération militaire n’est pas suffisante pour prévenir tout risque terroriste. Le pays a besoin aussi d’une opération capable de reconstruire la société. Le tissu social a été détruit par l’absence d’un Etat pendant des années, ce qui a donné l’opportunité aux seigneurs de guerre de prendre la place de l’Etat.”

Ce changement de pouvoir au nom de la lutte contre le terrorisme risque de raviver encore une fois les tensions en Somalie. Et il n’est pas certain qu’une nouvelle intervention étrangère mette fin à la guerre.