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L'abbé Pierre, infatigable pélerin des démunis

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L'abbé Pierre, infatigable pélerin des démunis

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C’est une véritable icône nationale que les Français ont perdu avec la mort du fondateur d’Emmaüs, infatigable pèlerin des démunis. L’abbé Pierre, c’est d’abord cet appel vibrant de l’hiver 1954 à la radio, une femme est morte de froid dans la rue. Ce jour-là, il déclenche un énorme élan de solidarité, il découvre aussi le poids des media.

Il s’en servira tout au long de sa vie pour secouer les consciences : “Et quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants avec votre bonne conscience, au regard de Dieu vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients qu’en aura jamais le désespéré.”

L’abbé Pierre, c’est bien sur la communauté d’Emmaüs, qu’il fonde en 1949, sur le principe que les exclus peuvent pourvoir à leurs besoins en récoltant les surplus des nantis, une rupture avec la charité traditionnelle. Présent aujourd’hui dans une quarantaine de pays, ce mouvement laïc regroupe plus de 500 associations agissant dans différents domaines. Ces actions avec et pour les pauvres, sont autofinancées grâce à la récupération et la revente de matériaux usagés.

On le verra sur le terrain de toutes les souffrances : il soutient les occupations d’immeubles vides par l’association Droit au Logement, et les actions des sans-papiers. En 2004, cinquante ans après son premier appel au secours, il continue à dénoncer l’inaction de l’Etat et des municipalités en matière de logement des plus démunis.

Considéré par ses compatriotes comme le troisième français le plus important de l’histoire, derrière le Général De Gaulle et Louis Pasteur, l’abbé Pierre avait inventé la solidarité des sociétés de l’abondance. Son combat, jamais achevé, a fait pourtant des émules : il y a quelques semaines encore sur les quais de Paris, les tentes des sans- abri forçaient le gouvernement a annoncer une prochaine loi qui placera la droit au logement au même rang que le droit à la santé et à l‘éducation.