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Les années de plomb de la Bande à Baader hantent toujours l'Allemagne

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Les années de plomb de la Bande à Baader hantent toujours l'Allemagne

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La possible libération de l’une de ses dirigeantes, Brigitte Mohnhaupt, ainsi que d’un autre militant, suscite le débat. Arrêtée en 1982, Brigitte Mohnhaupt, considérée comme le cerveau de 9 assassinats, est condamnée en 1985 à cinq fois la prison à vie, avec son complice Christian Klar. Après 24 ans passés derrière les barreaux, elle pourrait bénéficier d’une libération conditionnelle dans les semaines à venir. La libération de Klar, prévue en 2009, pourrait se produire avant s’il obtient la grâce du président allemand.

En 1977, l’offensive de cette seconde génération de la Fraction Armée Rouge contre l’Etat capitaliste touche au coeur des symboles forts. En avril, c’est le procureur fédéral Siegfried Buback, qui est abattu dans sa voiture à un feu rouge. En septembre, Hanns-Martin Schleyer, le patron des patrons allemands, est kidnappé. Son corps sera retrouvé en France un mois plus tard. Il a été exécuté à bout portant, l’identité exacte du tireur reste un mystère.

Trente ans après ce meurtre qui a profondément traumatisé le pays, la veuve de Schleyer ne comprend toujours pas. Comme d’autres familles des victimes de la bande à Baader, le fils de madame Schleyer est en colère depuis que la demande de liberation de Mohnhaupt a été lancée par le procureur fédéral : “ Comme bien des choses dans la vie, il y des gestes qui comptent, spécialement quand il s’agit de sa mère. Je ne comprends pas qu’on fasse une demande de libération, sans le moindre geste d’excuses.”

Pas de demande de pardon, mais pour la justice l’important, c’est que la Fraction Armée Rouge soit bel et bien dissoute, et que les prisonniers aient renoncé à la violence politique. Le procureur général à Stuttgart, Klaus Pflieger : “ Beaucoup de gens ne comprennent pas qu’on puisse libérer ces détenus-là. Mais ils doivent admettre qu’en terme pénal, c’est une histoire qui se termine. Cela démontre la souveraineté de notre état à donner une seconde chance.”