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Procès Charlie Hebdo: Peut-on rire de tout ?

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Procès Charlie Hebdo: Peut-on rire de tout ?

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Peut-on se moquer des religions ? Faut-il museler la presse ? Le propos n’est pas là mais ce sont bien les questions qui agitaient ce mercredi les couloirs du tribunal correctionnel de Paris à l’ouverture du procès de Charlie Hebdo, le journal satirique français accusé par la Grande Mosquée de Paris et l’union des organisations islamiques de France d’avoir publié des caricatures de Mahomet. “La réalité c’est que le texte dit: tous les musulmans sont des cons indique l’avocat des plaignants. Si on trouve normal qu’on puisse insulter les gens à raison de leur religion, qu’on le dise. Ce n’est pas ma conception de la république, du “vivre ensemble et ce n’est pas à mon sens la loi française.”

Voici les caricatures incriminées, la première est de Charlie Hebdo, les deux autres, publiées il y a deux ans dans un journal danois, avaient soulevé un tollé dans le monde musulman. Parmi les soutiens de l’hebdo aujourd’hui, des journalistes danois.
“Si vous vous abstenez d’utiliser votre liberté d’expression, les conséquences reviendraient à restreindre les libertés sur lesquelles est bâtie notre société.”

Les défenseurs en font le procès de la liberté d’expression. Les plaignants affirment qu’elle n’est pas en cause mais que la plainte porte sur l’incitation à la haine raciale. Hier, Philippe Val le directeur du journal préparait ses arguments soutenu par le patron du journal danois incriminé: “Nous ferons tout ce qui est possible pour soutenir Charlie Hebdo. Je ne peux pas imaginer les conséquences que cela pourrait avoir s’ils perdaient ce procès, non seulement en France mais aussi au Danemark et en Europe.”

Le 30 septembre 2005, le Jyllands-posten avait publié une série de 12 caricatures dont certaines avaient mis le feu aux poudres. Des dessins à l’origine d’une crise diplomatique majeure entre le monde musulman et le Danemark et d’une vague de manifestations partout dans le monde. Le journal s’est excusé mais n’a pas été condamné.