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Recherche : les Européens à la traîne derrière les Américains

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Recherche : les Européens à la traîne derrière les Américains

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John Mather est l’un des chercheurs américains à avoir dominé les prix Nobel 2006. Lui et George Smoot ont décroché le Nobel de physique, leur compatriote Roger Kornberg celui de chimie, et deux autres Américains le prix de médecine. Des récompenses qui ne trompent pas. En matière de sciences et de recherche-développement, les Etats-Unis sont bel et bien à la pointe, loin devant l’Europe.
Un coup d’oeil aux prix Nobel décernés ces quarante dernières années permet de mieux mesurer l‘écart. Les Etats-Unis en ont raflé 216, contre 75 pour l’Europe, si l’on aditionne ceux des Etats-membres et de la Suisse.

Pourtant, la recherche fondamentale avancée n’a pas été desertée par les Européens. Ils sont même les plus prolifiques sur le front des publications scientifiques. L’une des grandes faiblesses du vieux continent réside dans sa disparité. Jusqu’ici, les 27 Etats-membres n’ont pas su unir leurs forces pour peser davantage face aux concurrents. Là où le bas blesse c’est aussi dans la part des dépenses intérieures accordées à la recherche-développement : 37% en Amérique du Nord, 31,5% en Asie, en particulier grâce au Japon, et à peine plus de 27% en Europe. Pour rattraper son retard, l’Union européenne va devoir oser investir. Elle s’est d’ailleurs fixé pour objectif de porter à 3% la fraction de son PIB consacrée à la recherche à l’horizon 2010. Pour y parvenir, l’Union va devoir s’appuyer davantage sur le secteur privé et se montrer capable de retenir ses cerveaux. Or le mouvement de contestation de 2004 en France n‘était que la partie émergée de l’iceberg. Tant que le manque de moyens sera aussi criant, l’exode des scientifiques européens ne pourra pas être endigué.