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La Roumanie s'enfonce dans la crise politique sur fond d'adhésion européenne

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La Roumanie s'enfonce dans la crise politique sur fond d'adhésion européenne

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Sept semaines après son adhésion à l’Union européenne, la Roumanie s’enfonce dans une grave crise politique. Bucarest avait échappé de peu à un report de l‘échéance à 2008, une menace brandie par Bruxelles si rien n‘était fait pour enrayer la corruption, un mal endémique.

En 2005, le chef de l’Etat Traian Basescu et son premier ministre Calin Tariceanu présentaient en urgence leur plan de lutte contre la corruption. Les deux hommes appartiennent au même camp, l’alliance de centre-droit Justice et Vérité. Ils ont alors le même but : intégrer l’Union. “Il n’y aura pas de pause dans notre combat pour renforcer notre système judicaire et pour le rendre plus efficace”, affirme le président roumain.

Fermeté pour faire passer des mesures anti-corruption drastiques dont l’ architecte est Monica Macovei, une ancienne avocate et militante des droits de l’homme. Devenue ministre de la justice en 2004 elle a réussi à faire approuver par le Parlement, une loi qui a permis la création de l’Agence Nationale de l’Intégrité. Cette dernière est chargée de vérifier l’origine des avoirs des ministres et des élus.

Cette loi a permis la mise en examen de plusieurs hommes d’affaires et anciens ministres. Mais elle suscite la reprobation massive des élus d’oppositon et de certains membres de la majorité. Ces derniers accusent Monica Macovei de mener une campagne contre la corruption à des fins partisanes. Le Sénat approuve un vote de censure contre la ministre. Cette dernière conserve toutefois son poste grâce à un article de la constitution.

L’autre victime de ces querelles politiciennes et des rivalités soudaines entre le président et son premier ministre : l’ancien chef de la diplomatie Mihai-Razvan Ungureanu. L’un des architectes de l’adhésion européenne. Le 5 février dernier, Ungureanu quitte son poste à la demande du premier ministre. Calin Tariceanu lui reproche de ne pas l’avoir informé de la détention en Irak de deux ouvriers roumains soupçonnés d’espionnage par l’armée américaine.

Cette guerre ouverte à la tête de l’Etat roumain risque de renforcer les extrêmes lors des élections européennes prévues le 13 mai prochain. Bien loin de l’euphorie d’avril 2005, lorsque le président Basescu signait le traité d’adhésion à l’Union européenne.