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Inauguration de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne

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Inauguration de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne

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Les droits des minorités et plus amplement de tous les groupes victimes de discriminations : ce sera la préoccupation principale de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, lancée ce jeudi à Vienne. Elle remplacera l’Observatoire européen contre le racisme et la xénophobie, mais de nombreuses critiques accompagnent ses débuts. Critiques sur son champ d’action en particulier. L’agence ne pourra ni être saisie ni intenter des actions contre un Etat. Dick Oosting, d’Amnesty international :

“Ce que nous disons, c’est d’accord. Si c’est ce que nous avons, alors faisons avec. Mais dans le même temps, il faut s’attaquer à d’autres questions. Il y a deux semaines, le Parlement européen a adopté le rapport sur les activités secrètes de la CIA. Ce qui s’est produit en Europe est un scandale colossal, et une agence des droits fondamentaux qui ne peut pas aborder des questions de droit fondamental aussi basiques que celle-là, c’est un problème. Alors, politiquement, le Conseil européen doit bouger.”

Le rôle de l’Agence sera donc purement consultatif.
Elle publiera des rapports, fera remonter l’information via les ONG, et conseillera Bruxelles dans l‘élaboration des législations. Mais en aucun cas elle ne devra remplacer les tribunaux, a martelé le président de la Commission, lors de son inauguration à Vienne. Alors, lien indispensable avec la société civile ou coquille vide ? Le sentiment de l’eurodéputé Marco Cappato :

“La Commission européenne a depuis trop longtemps renoncé à son rôle de garant de l’Union européenne, et donc aussi de la vie démocratique, en l’occurence le respect des droits. A chaque fois qu’il y a un problème, on externalise, on crée une agence, un groupe de travail, sur les drogues, sur l’immigration, avec le risque de bureaucratisation de thèmes qui ont besoin de solutions politiques.”

Bien qu’agissant en amont, l’agence aura pour vocation première d’aider les Etats-membres à prévenir les violations des droits les plus légitimes des citoyens. Elle disposera cette année d’un budget de 14 millions d’euros et d’une équipe d’une quarantaine de personnes.