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Energie : les préoccupations à l'est

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Energie : les préoccupations à l'est

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L‘énergie est au coeur des préoccupations des gouvernements européens. C’est notamment le cas en Lituanie, où la centrale d’Ignalina fermera son dernier réacteur en 2009, à la demande de Bruxelles. Jugés obsolètes et peu sûrs, une bonne partie des réacteurs de type soviétique ont en effet dû cesser de fonctionner dans les nouveaux Etats-membres. La Lituanie n’en mise pas moins sur le nucléaire et projette de construire deux nouveaux réacteurs. Vilnius voit aussi dans le nucléaire le meilleur moyen de faire baisser de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, comme le veut l’Union européenne. Deividas Matulionis, du ministère des Affaires étrangères :

“De mon point de vue, le nucléaire est la seule option commerciale et viable pour répondre au problème des émissions de dioxyde de carbone, parce que les autres options sont plus coûteuses. Et donc, nous devons accepter une forme de renaissance de l‘énergie nucléaire.”

Les pays baltes et d’autres anciens satellites de l’URSS entendent aussi se libérer de leur dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. La Lituanie a d’ailleurs le projet d’exporter de l‘électricité vers l’Estonie, la Lettonie et la Pologne. Le président Valdas Adamkus en a fait une priorité :

“Nous voulons être parmi les premiers à exporter ce type d‘énergie, non seulement pour le développement de notre pays, mais aussi pour la partager avec nos voisins.”

Quant à la Pologne, elle est de ces pays qui vont devoir lancer une véritable révolution énergétique pour tenir les objectifs européens. 60% de sa consommation d‘énergie provient encore du charbon, très générateur de CO2, et 12% du gaz naturel, venu essentiellement de Russie. Or là encore, la Pologne veut prendre ses distances avec le partenaire russe. Un souhait conforté par les récentes crises énergétiques qui ont affecté l’approvisionnement du pays, comme l’explique cet analyste :

“Après ce qui s’est passé, l’arrêt de l’approvisionnement en gaz transitant par l’Ukraine, puis cette année un scenario similaire au Bélarus, il y a eu une prise de conscience. Et il ne s’agit pas seulement d’un grief de la Pologne contre la Russie, car il n’est pas question d’un préjudice. Nous avons simplement nos intérêts sécuritaires.”

Quoiqu’il en soit, l‘énergie sera bel et bien le plat de résistance du sommet européen de la semaine prochaine. Un sommet qui promet de donner lieu à des débats agités, car si les gouvernements sont d’accord sur l’objectif de réduction du CO2, ils le sont nettement moins sur celui qui fixe à 20% la part des énergies renouvelables d’ici 2020. Un voeu de la présidence allemande, auquel s’est rallié le Royaume-Uni, mais contesté par la France.