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Nucléaire et énergies renouvelables : incompatibilité ou complémentarité ?

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Nucléaire et énergies renouvelables : incompatibilité ou complémentarité ?

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D’une pierre deux coups… A Montreuil, dans la banlieue parisienne, le social et l‘écologique font plutôt bon ménage. 220 mètres carrés de panneaux solaires ont été installés sur le toit d’un HLM, et produisent en moyenne 22 mégawatts par an. Une installation gérée par le CLER, le Comité de Liaison Energies Renouvelables, un réseau qui encourage le recours au solaire, à l‘éolien ou à la biomasse. En France, 40% de l‘énergie provient du nucléaire, seulement 6% des énergies renouvelables, ce qui est plus ou moins la moyenne des autres pays d’Europe. Arnaud Brunel est le directeur du CLER. Pour lui, il n’y a pas forcément incompatibilité entre filière nucléaire et énergies renouvelables.

“Aujourd’hui, on n’en est plus à débattre sur la place du nucléaire par rapport au renouvelable, on en est vraiment à promouvoir la maîtrise de l‘énergie, l’efficacité énergétique et à essayer de développer les énergies renouvelables qui sont quasi inexistantes en France, surtout au niveau de la production d‘électricité.”

En clair, pragmatisme oblige, la cohabitation est indispensable. Et à mesure que la part des énergies renouvelables progressera, les autres diminueront. Quant au nucléaire, qui fournit l’essentiel de l‘électricité à l’Hexagone, il suscite à la fois un regain d’intérêt dans les nouveaux Etats-membres et l’opposition d’une bonne moitié des anciens Etats-membres. Pour Frauke Thies, de l’organisation Greenpeace, des divisions qui montrent les limites de cette filière : “Sur l‘énergie nucléaire, les divers Etats-membres ont des positions très différentes. Et aucune présidence européenne n’a la capacité de décider pour eux. Sur les énergies renouvelables, au contraire, nous avons une nouvelle technologie émergente, qui est très prometteuse, et sur laquelle tous peuvent s’entendre.”

L’inévitable renchérissement du pétrole, les nouveaux objectifs européens pour lutter contre le changement climatique et la volonté de l’Europe de s’affranchir de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie ont permis au nucléaire de regagner des points en coulisse. Ce représentant du Forum atomique européen s’en félicite : “Dans les propositions que fait la Commission concernant les objectifs de réduction de CO2, ce n’est pas clairement exprimé. Mais si nous voulons réduire les émissions, réduire la dépendance extérieure et garantir l’approvisionnement électrique en Europe, tout cela passe par le recours à l‘énergie nucléaire.”

Récemment, la Commission a fait le point sur l’objectif de 21% d‘énergie renouvelable dans la production d‘électricité en l’an 2010. Un objectif qui date de la fin des années 90. Si certains, comme le Danemark et l’Allemagne sont en bonne voie pour le remplir, la France est le plus mauvais élève.