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François Bayrou: "L'Europe, c'est pas fait pour être mini"

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François Bayrou: "L'Europe, c'est pas fait pour être mini"

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François Bayrou veut remettre la France au coeur du projet européen. C’est ce qu’il est venu dire à Bruxelles ce jeudi, à l’invitation du club de réflexion Les Amis de l’Europe. Alors qu’avec 21 à 24 pourcent d’intentions de vote, il talonne désormais Royal et Sarkozy dans les sondages, Bayrou a créé la surprise dans la campagne et fait figure pour l’heure de troisième homme. Le candidat centriste aux élections présidentielles françaises a bien voulu préciser au micro d’EuroNews la vision spécifique de l’Europe qu’il entendait développer face à ses adversaires.

Sergio Cantone, Brussels Correspondent, EuroNews:
Monsieur Bayrou, bienvenue sur EuroNews. Tout d’abord, comment est-ce que vous pensez que l’Union européenne, dans l‘état actuel, pourrait sortir de la crise liée aux non français et hollandais à la Constitution européenne, au Traité constitutionnel?

François Bayrou, French presidential candidate:
C’est exactement là où on en est aujourd’hui, avec 2 pays qui ont dit non, 18 qui ont dit oui et d’autres, je pense à la Grande-Bretagne notamment, que cette situation arrange parce que cela leur évite d’avoir à se poser la question. Et donc, pour moi c’est très simple. Si j’examine ce qui s’est passé en France, les français ont dit non parce que le texte était illisible, incompréhensible, trop épais, impossible à comprendre, un texte juridique et pas un texte fondateur pour les citoyens. Donc, il faut un texte court, lisible, compréhensible par tous, qui reprenne l’essentiel, les mêmes principes, avec une idée: ce texte est fait pour donner du pouvoir aux citoyens et aux peuples sur l’Union européenne.

EuroNews:
Vous parlez d’un traité concis et court, mais la conplexité dérive aussi de la nécessité du compromis.

François Bayrou:
Nous sommes entrés dans un temps, notamment à cause d’internet, où les citoyens vont exiger de comprendre. Avant, c‘étaient des institutions pour les initiés, pour les diplomates, pour les technocrates. Des gens qui avaient leurs propres règles et leurs propres manières d’envisager les choses, et leur propre langage, et leurs propres habitudes. Maintenant, les gens veulent comprendre et savent que c’est de leur destin qu’il s’agit. Et ils vont exiger des langages simples, une manière de s’exprimer qui leur donne à eux l’information et le pouvoir. Et ce mouvement est irréversible. En tout cas, moi, j’en serai le porteur.

EuroNews:
Vous ne pensez pas que le mot “court”, cela rime avec mini-traité?

François Bayrou:
Ah non, je déteste l’expression “mini”, parce que ça va pas avec l’Europe. L’Europe, c’est pas fait pour être mini. C’est fait pour être quelque chose d’important et de grand. Parce que si l’Europe sert à quelque chose, elle nous servira à peser ensemble sur l’avenir du monde.

EuroNews:
Mais ne pensez-vous pas que pour cette Europe dont vous parlez, il serait nécessaire d’avoir un budget plus important?

François Bayrou:
Un jour cette question sera traitée, mais elle ne doit pas être discutée dans le cadre actuel de la question des institutions. Il faut donner une garantie à tous les citoyens, c’est que les institutions, la loi fondamentale, la Constitution, appelez-la comme vous voulez, elle leur donne la garantie qu’aucune décision ne sera prise avant qu’ils en décident eux-mêmes. Que rien ne leur est imposé. C’est juste un cadre qui leur garantit qu’ils vont pouvoir exposer leur avis et décider ensemble.

EuroNews:
On entend souvent dire à Bruxelles, comme à Paris par ailleurs, que la France a perdu beaucoup de pouvoir au sein des Institutions européennes. Est-ce que vous croyez aussi que la France souffre de ces problèmes et que donc, l’Europe souffre aussi de la perte de vitesse de la France?

François Bayrou:
Je pense que la France n’a pas rempli son rôle. Je ne veux pas polémiquer mais la France n’a pas rempli son rôle dans les dernières décennies. Elle a été lointaine. Peut-être parce qu’elle n’y croyait pas assez.

EuroNews:
Monsieur Bayrou, est-ce que vous pensez que vous serez le prochain Président de la France?

François Bayrou:
Oui, je le crois.