DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

La peur a remplacé l'espoir à Bagdad

Vous lisez:

La peur a remplacé l'espoir à Bagdad

Taille du texte Aa Aa

Des rues jalonnées de nids de poules et inondées par les eaux usées : nous sommes à Sadr City, le bastion chiite de Bagdad, un des quartiers les plus pauvres de la capitale irakienne. Idan Hizam vit avec 31 membres de sa famille dans la maison de 3 pièces de ses parents. Après la chute du régime à majorité sunnite de Saddam Hussein, ce chiite de 41 ans pensait retrouver facilement du travail. Mais quatre ans après, il cherche encore. Il explique : “J’ai été renvoyé de la police le 2 février 1985 et depuis, personne n’a voulu me recruter. J’en souffre, d’autant que c’est à moi de gagner le pain de ma famille. Mon frère a été exécuté par les hommes de Saddam et moi j’ai été blessé.”

La soeur d’Idan et 7 membres de sa famille, se sont réfugiés à Sader City après avoir été chassés de leur logement en quartier sunnite par la violence interconfessionnelle. Sa nièce en parle en larmes. “Nous avons fui notre maison quand mon frère a été tué et qu’en mon père est devenu paralysé. J’ai pris mon neveu en charge et nous vivons chez mes grand-parents, qui sont très pauvres.”

Pauvreté, chômage, infrastructures délabrées et services publiques en faillite se conjuguent à l’insécurité à Bagdad, autant dans les quartiers chiites que sunnites. Umm Abdul Wahab est de confession sunnite. C’est la raison pour laquelle elle a dû quitter sa maison du quartier chiite de Tobji. Depuis, elle a déménagé trois fois. Après 10 ans dans l’armée de Saddam, son mari s’est retrouvé au chômage avec la chute du régime.

“J’ai dû retirer ma fille de l‘école à cause des assassinats et des enlèvements, confie-t-elle. Comment se sentir en sécurité ? J’ai peur quand mes fils sortent, mais je n’ai pas le choix. Je les envoie faire des ménages dans les bureaux du gouvernement pour nous faire vivre.” En 4 ans, la qualité de vie de l’Irakien moyen s’est nettement déteriorée, surtout en matière de sécurité. Peu à peu, la peur a remplacé l’espoir.