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L'Ukraine en quête de stabilité après plus de 2 ans de crise politique

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L'Ukraine en quête de stabilité après plus de 2 ans de crise politique

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C‘était il y a moins d’un mois : le président ukrainien, interrogé par Euronews, évoquait le bras-de-fer qui l’oppose à son Premier ministre. Les dissensions portent sur le rapprochement avec l’OTAN, les liens avec les EU. En toile de fond, c’est une bataille pour le pouvoir politique et financier au sommet de l’Etat, comme le précise Boris Grislov, président de la Douma : “la question de la bataille pour le pouvoir, ce n’est plus de la concurrence, c’est désormais de la confrontation de part et d’autre. Cette confrontation se passe dans les rues, comme cela était le cas avant”.

Retour en arrière : automne 2004, l’opposition, dans la rue, conteste les fraudes opérées par le pouvoir lors des élections présidentielles. C’est la “révolution orange”. Plusieurs semaines de mobilisation, puis un nouveau scrutin qui portera Viktor Iouchtchenko au pouvoir, au détriment de Viktor Ianoukovitch. Le nouveau président nomme la très charismatique Ioulia Timochenko au poste de Premier ministre.

Six mois plus tard, la coalition se fissure. Importante femme d’affaires, Timochenko est limogée. Lutte d’influence, accusations de corruption, les deux anciens alliés s’opposent. Le pays se divise.

L’Ukraine cherche à se rapprocher de l’Occident, tout en étant lié à la Russie, historiquement et économiquement. Cette division se visualise dans une lutte des couleurs : face aux “oranges” pro-Iouchtchenko, les “bleus” se manifestent pour soutenir Viktor Ianoukovitch. Et ces derniers regagnent du terrain, ils arrivent même en tête lors des législatives en mars 2006. Mais en l’absence de majorité absolue, les blocages politiques sont nombreux, les réformes promises piétinent.

La tension s’accroît en juillet dernier, lorsque le parti socialiste quitte la coalition orange et rejoint le camp pro-Ianoukovitch. Le président Iouchtchenko se trouve dès lors un peu plus isolé.

En août, il signe avec son ancien rival un pacte d’unité national. Viktor Ianoukovitch revient par la grande porte. Le président le nomme Premier ministre. Mais la cohabitation est difficile et là encore, les blocages politiques sont nombreux, les divergences de vue se font sentir : une tendance pro-américaine pour l’un, Iouchtchenko, qui s’accroche au pouvoir, et une attitude jugée pro-russe pour l’autre, Ianoukovitch.

Aujourd’hui, la dissolution du Parlement peut-elle apporter un règlement à une crise politique qui perdure depuis plus de 2 ans ? En tout cas, ce que la population semble espérer, c’est que le pays puisse retrouver une forme de stabilité.