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Interview de Viktor Ianoukovitch

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Interview de Viktor Ianoukovitch

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L’Europe s’intéresse à l’avenir de l’Ukraine et à la crise actuelle que traverse le pays. Alors que le président de la Commission européenne recevait le président Viktor Ioutchenko, son adversaire politique le Premier ministre Viktor Ianoukovitch était invité au Conseil de l’Europe à Strasbourg. C’est là que nous l’avons rencontré. L’Ukraine est actuellement dans une période trouble, depuis que le Président a dissout le 2 avril dernier le parlement. Sa décision divise le pays. Le Premier ministre Victor Ianoukovitch et sa coalition au pouvoir ont d’ailleurs saisi la cour constitutionnelle.

Euronews : Monsieur le Premier ministre, bienvenue sur Euronews. Quelles sont les racines de la crise politique actuelle en Ukraine ?

Viktor Ianoukovitch : Je dirais que l’origine de cette crise est basée sur un fait : pendant toutes ces années d’indépendance nous avons eu un système de pouvoir inefficace en Ukraine. Le plus dangereux était que le pouvoir ne répondait pas de ses fautes, car il n’y avait pas de coopération entre les branches exécutive et législative du pouvoir. Cette façon de faire n‘était pas acceptable pour le peuple ukrainien et pour ses partenaires internationaux. L’année 2004 a clarifié ce problème. Les Ukrainiens sont descendus dans la rue sous différentes bannières pour défendre leurs convictions. Je dirais que l’année 2004 a été une année de purification de notre vie sociale. C’est cette année là que nous avons adopté une nouvelle constitution, et que le système présidentiel et parlementaire a été instauré. Pour l‘étape suivante en 2006, les travaux en vue d’une réforme constitutionnelle ont commencé. La nouvelle constitution a été consolidée, les nouveaux principes politiques ont été mis en application par la coalition au pouvoir. Mais un vieux système résiste au changement. Celui là ne veux pas partir ou partager son pouvoir, et essaye d‘éviter cela de différentes manières.

EuroNews : Monsieur le Premier ministre, le conflit actuel est présenté par des analystes comme un conflit personnel entre le pro-russe Ianoukovicth et le pro-occidental Ioutchenko. Que dites-vous de cela ?

Viktor Ianoukovitch : J’ai déjà parlé des raisons de ce conflit. Il y a naturellement deux camps dans un conflit: Dans ce cas particulier, l’un pourrait être celui du président Ioutchenko, et l’autre celui du premier ministre Ianoukovitch. mais le fond du problème est complètement différent. Ce n’est pas un conflit de personnalités. Pour ma part j’insiste simplement sur le fait que tous les hommes politiques doivent suivre les principes démocratiques. Les politiciens doivent accepter d’emprunter cette voie. Je n’aimerais pas que mes enfants vivent dans un pays où le principe de l’intérêt politique serait plus fort que la loi, que les droits de l’homme, que la liberté d’expression. Nous voulons vivre dans une Ukraine démocratique.

EuroNews : Vous n’avez pas répondu sur les étiquettes pro-russe et pro occidentale.

Viktor Ianoukovitch : Nous devons d’abord comprendre quels sont les principes à la base de l’Europe et de la Russie et alors nous pourrons répondre à la question.

EuroNews : D’accord, je pose la question d’une autre façon. Est-ce que l’Ukraine pourrait rejoindre l’OTAN, et que pensez vous du déploiement d‘éléments du bouclier américain anti-missile en Pologne et en République tchèque ?

Viktor Ianoukovitch : Je pense qu’en aucune manière il n’est possible de commencer ce processus maintenant en Ukraine. Il faut organiser un référendum national sur cette question d’adhésion à l’OTAN. Mais pour l’instant seuls 15 à 20% des Ukrainiens sont d’accord avec cette idée de rejoindre l’OTAN. Il n’y a pas d’espoir d’un résultat positif.

Euronews : Et concernant le bouclier anti-missiles ?

Viktor Ianoukovitch : Oui, concernant le bouclier… Nous insistons sans relâche sur le fait que nous devrions étudier la création d’un nouveau système de sécurité européen, avec la participation de tous les états concernés. C’est notre position et nous espérons que les autres états européens la soutiendront.

EuroNews : Un des scénarios sur le futur de l’Ukraine est celui de l‘éclatement de votre pays en deux parties, occidentale et orientale. Y a-t-il un risque que cela arrive et comment le prévenir ?

Viktor Ianoukovitch : Je crois en la sagesse du peuple ukrainien et je suis sur qu’il est uni. Je crois également que les hommes politiques ukrainiens trouveront un compromis, à la fin, et ce par le dialogue. Les politiciens doivent finir par prendre leurs responsabilités, face au Ukrainiens qui les ont élus.

EuroNews : Dernière question mais pas la moindre : votre pronostic pour les prochaines élections, s’il y en a ?

Viktor Ianoukovitch : Les scrutins nous sont favorables, favorables à la coalition actuelle. Les études montrent un taux stable pour notre politique de coalition. Si des élections avaient lieu prochainement, nous serions surs de gagner. Mais les élections doivent être organisées en accord avec les lois et la constitution du pays.

EuroNews : Merci pour cette interview.

Viktor Ianoukovitch : Merci