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Boris Eltsine, "l'homme qui avait offert la liberté aux Russes"

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Boris Eltsine, "l'homme qui avait offert la liberté aux Russes"

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Retiré de la vie politique depuis 1999, l’action de Boris Eltsine restera essentielle dans l’histoire de la Russie, malgré son rôle controversé. Son autobiographie raconte l’histoire d’un héros de roman d’aventures. Il voit le jour dans l’Oural en 1931. Fils de paysan, Boris Eltsine est un pur produit du communisme. Il doit sa carrière à l’appareil. Homme à poigne, homme de caractère, il se hisse au sommet de l’Etat en gravissant une à une toutes les marches du parti. Dirigeant efficace, turbulent, contestataire aussi. Mis sur la touche, il claque la porte du parti en 1990, mais n’a pas dit son dernier mot.

Quel homme retiendra l’histoire ? Eltsine aurait choisi celui qui en août 1991 se hissa sur un char, devant la Maison Blanche sauvée des putchistes. Gorbatchev avait voulu son départ, il le paiera. Elstine élu triomphalement en juin à la tête de la Russie dicte ses commandements à Gorbatchev en plein Parlement… Ultime revanche, la fin annoncée de l’URSS et du système. L’Occident découvre le style Eltsine.

Des chars, il y en a dans la vie de Boris Eltsine. La répression de 1993 rappelle que le maître du Kremlin n’aime pas qu’on lui résiste. Boris le démocrate envoie les troupes d‘élite contre les députés hostiles aux réformes. L’opération dérape, bilan : 150 morts.

Sa côte d’amour a le vague à l‘âme. Les chars, encore, contre la Tchétchénie vont atteindre un peu plus sa popularité. En 1994, Boris Eltsine veut mater au canon les indépendantistes du Caucase. Deux ans de guerre et 40.000 morts n’y suffiront pas. Le cessez-le-feu signé en 1996 sonne comme une reddition de l’armée russe.

Eltsine a donné toute la mesure de son autoritarisme. Il sait aussi désarçonner. Imprévisible, il chante Kalinka, ne crache pas sur la vodka, et ne cache pas son penchant pour les femmes. Ses plaisanteries font encore rire au sommet, mais la roue a tourné. Ses alliés libéraux le lâchent… On le chahute pour ses excès…

Lors des élections de 1996, de plus en plus critiqué par tous, Eltsine mène une campagne acharnée pour gagner un deuxième mandat, en se rapprochant des nationalistes.

Son deuxième mandat marque le début de son déclin. Le tsar Boris n’est plus en état de gouverner. A peine réélu, il subit un triple pontage coronarien. Suit une longue absence des affaires, suivie de nombreuses autres. Pendant que Eltsine taquine le poisson, la Russie doit se rendre à l‘évidence : son président est malade, multiplie les écarts de conduites, les incohérences.

Isolement politique, chaos économique, son deuxième mandat suffoque aussi sous
la pression des scandales financiers. L’affaire Mabetex révèle l’ampleur de la corruption au sein de Kremlin et achève de détruire son image.

Pourtant, jusqu’au bout fin politique, le vieux chef finit par céder le pouvoir contre son immunité, sauvé par un inconnu : Vladimir Poutine. Une fin de règne en demi-mesure pour celui qui restera dans l’histoire comme le premier président démocratiquement élu de la Russie post-communiste.