DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Abdullah Gül prône la compatibilité entre islam et démocratie

Vous lisez:

Abdullah Gül prône la compatibilité entre islam et démocratie

Taille du texte Aa Aa

Abdullah Gül, c’est le bras droit, l’homme de confiance de Recep Tayip Erdogan. Sur ces images tous deux fêtent la victoire remportée par leur parti, l’AKP, juste après les élections législatives du 2 novembre 2002. Le Parti de la Justice et du Développement, qui appartient à l’islam politique, a bouleversé dans les urnes le paysage politique turc.

Les vieux partis sont balayés, victimes de la crise économique et de la corruption. Mais de par ses racines islamistes, l’AKP inquiète l’establishment… et son très populaire chef, Recep Tayip Erdogan, ne peut devenir Premier ministre à cause d’une ancienne condamnation pour “incitation à la haine religieuse”.

C’est alors qu’Adbullah Gul entre en scène et prend le relais: pendant 5 mois il exercera les fonctions de Premier ministre. Le temps que Erdogan remporte un siège dans des législatives partielles et prenne la tête du gouvernement.

Abdullah Gül, deviendra ensuite ministre des Affaires étrangères. Sans perdre le sourire, il s’attaque à des dossiers épineux, dont celui de Chypre ainsi que les négociations avec l’Union Européenne. Economiste de formation, avec un doctorat obtenu en Grande-Bretagne, il est aussi le théoricien au langage pro-occidental du Parti de la Justice et du Développement, déterminé à marier modernisation avec islamisme politique. “Un pays à l’identité musulmane peut être démocratique, transparent, et peut avoir sa place dans un monde moderne dira-t-il. Nous allons le prouver.”

Plusieurs fois député du Refah, le premier parti islamiste arrivé au pouvoir en Turquie puis dissout, et plus tard du Parti de la Vertu, Gül est l’un des fondateurs de l’AKP et un musulman pieux. De quoi froisser les défenseurs de l’Etat laïc, qui avaient manifesté le 14 avril pour empêcher l’AKP de proposer Erdogan à la présidence. Mais Gül est un réformateur respecté en Europe, et ses manières raffinées et son cosmopolitisme le rendent plus acceptable.