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Clayland Boyden Gray : "Il faut intégrer la Chine, l'Inde et les économies émergentes à la lutte contre le réchauffement climatique".

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Clayland Boyden Gray : "Il faut intégrer la Chine, l'Inde et les économies émergentes à la lutte contre le réchauffement climatique".

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Le conseil économique transatlantique entre les Etats Unis et l’Union européenne a suscité l’enthousiasme de Washington. Selon Clayland Boyden Gray, ambassadeur américain auprès de l’Union, c’est l’un des plus importants sujets de l’ordre du jour du sommet Europe/Etats Unis lundi prochain à Washington. Les deux puissances discuteront aussi de leurs divergences sur la façon de faire face au réchauffement climatique.

EuroNews : “Monsieur l’ambassadeur, bienvenu sur l’antenne de Euronews . quels sont selon vous les sujets prioritaires que doit aborder le prochain sommet Etats Unis/Europe ?

Clayland Boyden Gray : Je pense que le sujet le plus important, à moins d’ici là d’un incident de politique étrangère, sera la proposition de conseil économique transatlantique faite par la chancelière Merkel et que nous avons acceptée avec empressement, donc je pense que ce sera le gros dossier du sommet.

Euronews : Pourquoi pensez-vous que cette proposition est importante ?

Clayland Boyden Gray : Nous avons besoin du cycle de Doha, nous avons besoin de l’organisation mondiale du commerce, nous avons besoin des négociations commerciales multilatérales pour les pays en développement. Parce que les discussions bilatérales sont inopérantes en ce qui concerne la règlementation. Pas le commerce qui est normalement traité en termes de barrières douanières et de subventions; mais la règlementation. Et sur ce sujet, nos deux continents doivent réduire les obstacles qui se dressent devant l’exercice du commerce, et les investissements. Parce que nous pouvons améliorer notre croissance – probablement l’Europe plus que les Etats Unis – grâce aux accords avec les pays d’Asie notamment en améliorant la croissance de ces pays en développement.

Euronews : Au sujet de leurs relations : l’Europe et les Etats Unis ont-elles besoin de quelque chose de contraignant pour renforcer leurs échanges commerciaux, disons : pour les améliorer ?

Clayland Boyden Gray : Quand vous établissez des règles et que vous les changez pour les rendre plus harmonieuses, plus supportables alors c’est contraignant. Et pouvez-vous vous forcer suffisamment pour effectuer ces changements contraignants ? C’est très très difficile ?

Euronews : Mais d’un point de vue légal je veux dire7;

Clayland Boyden Gray : Non. Vous ne pouvez pas légalement vous engager à faire une chose à laquelle vous n’avez en fait pas encore bien réfléchi. Mais vous pouvez vous engager politiquement et c’est je pense ce qu’il va arriver au sommet. Ce sera un engagement politique de très haut niveau, qui sera quantifiable et qui permettra à vous les médias et aux différentes parties prenantes dans le pays, dans les deux pays, les deux continents, de vérifier les progrès effectués et d‘être surs que les délégations agissent pour le meilleurs intérêt des consommateurs des deux pays, des deux continents.

Euronews : La proposition allemande n’est pas uniquement économique; elle est aussi politique. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Clayland Boyden Gray : Bon… ce que la chancelière Merkel veut faire, ce que le Président Barroso veut faire et ce que les Etats Unis veulent faire c’est attirer l’attention et continuer à approfondir la relation avec les Etats Unis sur des valeurs communes : il s’agit tout de même de 60% du produit intérieur brut mondial et de 40% du commerce mondial. On pourrait faire mieux, on devrait faire plus, mais ce conseil économique transatlantique, c’est un front commun érigé contre ceux qui ne respectent pas les droits de propriété et les brevets; ceux qui voudraient sur-réglementer ou qui voudraient faire des choses non conformes avec les valeurs que nos deux continents partagent et possèdent depuis des siècles.

Euronews : S’agissant du réchauffement climatique, pensez-vous que l’Union européenne a pris au cours du dernier sommet les engagements adéquats pour faire face à ce phénomène ?

Clayland Boyden Gray : Bien….les européens se sont comportés en leaders et je pense qu’ils ont fait mieux que nous ne l’avons fait en s’expliquant eux-mêmes mieux que nous ne l’avons fait aux Etats Unis. Mais il y a un point important qu’il faut relever : c’est que nous ne pourrons pas faire ce que nous devons faire sans la Chine et l’Inde et les économies des pays émergents. Je pense à ce propos qu’on est en train de se rapprocher d’un accord sur la nécessité d’amener la Chine et les économies émergentes à participer à ce dossier. On doit les amener à utiliser les nouvelles technologies comme nous les avons développées en Occident.

Euronews : Vous êtes en train de dire que sans la Chine et l’Inde, les engagements de l’Union européenne ne sont pas viables d’un point de vue économique.

Clayland Boyden Gray : D’un point de vue économique en tous cas ça ne veut pas dire grand-chose. Ce que je veux dire c’est que vous pouvez éteindre le Royaume Uni, éteindre chaque lumière, arrêter toutes les voitures et dans le même temps augmenter les émissions de gaz à effet de serre de la Chine qui en un an anéantiront les économies réalisées au Royaume Uni. Donc on a besoin de la Chine qui va nous passer devant en tant que plus important émetteur, probablement cette année et en dix ans émettra deux fois plus de gaz que nous. Ils réduiront à néant tous les changements et les réductions d‘émission que nous pourrons réaliser sur nos deux continents. Donc il faut les avoir avec nous. Le problème en les laissant à l‘écart c’est que ça n’aide pas la Science et en plus ça nous coûte des emplois dans la mesure où nous sommes contraints de délocaliser notre industrie en Chine oú les coûts sont moins élevés. En plus le problème de pollution ne sera pas résolu. En fait nous héritons de la pollution générée en Chine et qui vient par les vents dominants, souffler sur notre Etat de Californie.

Euronews : Est-ce que ce sujet sera abordé durant le sommet ?

Clayland Boyden Gray : Absolument, ce sera un sujet majeur. Nous avons proposé de remplacer l’essence par les bio-carburants et par des voitures plus efficaces. La proportion de cette substitution est de 20%. C’est deux fois plus que ce qu’a proposé l’Europe. Donc je pense qu’on fait notre part de travail. Et ce que nous devons faire c’est unir nos forces maintenant et être surs que les économies émergentes feront partie de l’effort global.