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Election présidentielle française : au PS, on sort les couteaux

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Election présidentielle française : au PS, on sort les couteaux

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Dimanche soir devant le siège du parti socialiste à Paris, des milliers de militants ont réservé une ovation à leur candidate battue Ségolène Royal. Ils étaient partagés entre profonde tristesse et fierté d’avoir participé à la campagne électorale – pour les plus jeunes, c‘était une première. Ils y ont cru jusqu’au bout, malgré tous les sondages qui, depuis des mois, donnaient Nicolas Sarkozy vainqueur.

Mais pas question de regarder dans le rétroviseur pour le premier secrétaire du PS François Hollande, qui ne veut penser qu‘à l’avenir. “Moi, je veux que la gauche soit utile à notre pays, a-t-il expliqué. Et la meilleure façon d‘être utile, c’est d’avoir le plus grand nombre de sièges possible à l’Assemblée nationale. Mme Royal sera bien sûr avec nous dans la campagne des législatives. Elle a été capable de donner de l’espérance. Elle n’est pas devenue présidente de la République et je le regrette profondément. Mais elle a une vraie popularité et elle doit être avec nous dans cette campagne.”

Mme Royal “avec” le PS ? Ce n’est pas tout à fait ce qu’envisage l’intéressée, dont les ambitions vont au-delà du partage des tâches. Ségolène Royal l’a dit très clairement dans les minutes qui ont suivi le scrutin : elle veut occuper le devant de la scène, le premier rôle, dans la “rénovation” de la gauche. Elle veut en quelque sorte… le pouvoir. “Ce que nous avons commencé ensemble, nous allons le continuer ensemble, a-t-elle ainsi déclaré. Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures. Je serai au rendez-vous de ce travail indispensable et j’assumerai la responsabilité qui m’incombe désormais.”

Alors, Ségolène Royal, étendard du parti socialiste ? Plusieurs dirigeants du PS ont dès hier soir affiché leur désaccord. A l’image de Dominique Strauss-Kahn, son adversaire malheureux des primaires, qui s’est déclaré “disponible” pour mener ladite “rénovation”. “L’ensemble de la gauche n’a jamais été aussi faible au premier tour, même en 2002, a-t-il jugé. Et pourquoi est ce qu’elle a été aussi faible, cette gauche au premier tour ? Parce que la gauche française n’a toujours pas fait sa rénovation.” François Hollande ne veut pas de “règlements de comptes” avant les législatives de juin. Trop tard : c’est déjà commencé…