DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Les églises évangéliques gagnent du terrain en Amérique latine

Vous lisez:

Les églises évangéliques gagnent du terrain en Amérique latine

Taille du texte Aa Aa

Ces Argentins lèvent les bras au ciel, pour que Dieu – disent-ils – “entre directement dans leur coeur et leur esprit”. C’est l’enseignement que leur délivre l’une des multiples églises évangéliques qui fleurissent en Amérique latine depuis plus de vingt ans. Cette simplicité d’approche de la foi a fait voler en éclats le monopole du catholicisme sur le continent.

Elle a trouvé son terreau particulièrement chez les pauvres, qui sont près de 30% en Argentine. Tous les jours, dans les quartiers défavorisés de Buenos Aires, des prédicateurs sont à l’oeuvre. “Toi pour qui tout est perdu, ta maison, ta famille, il y a quelqu’un qui va résoudre ton problème”.

L‘église évangélique “Jésus est amour”, implantée notamment en Argentine, va jusqu‘à affirmer que Dieu peut faire des miracles à la demande. L’un de ses adeptes aurait par exemple été guéri du sida. Un prédicateur brandit ce qu’il présente comme les dernières analyses du malade. “Miraculeusement, il a été déclaré sain”, clame-t-il.

Les groupes évangéliques ou pentecôtistes attirent désormais 12% des Argentins, jusqu‘à 20% des Chiliens ou Brésiliens. Et l’engouement ne cesse de croître. “On vit dans une société de vitesse, explique un journaliste, et il y a des gens qui ne veulent pas attendre de mourir pour être sauvés spirituellement, ils veulent être sauvés tout de suite. C’est ce que vendent ces églises”.

Au Brésil, l’Eglise catholique souffre donc de la même hémorragie. En 25 ans, elle a perdu un quart de ses fidèles. Les évangélistes on su combler les vides laissés par sa doctrine dans cet immense pays où on dénombre encore 155 millions de fidèles catholiques. Les églises évangéliques ont su particulièrement toucher la population déshéritée des favelas. Le Vatican désigne comme responsable la politisation de l’Eglise catholique dite de la “théologie de la libération”, qui a été particulièrement active en Amérique latine durant les années 80 et 90. Selon le Vatican, cet “évangile social” aurait détourné les fidèles.