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Le Fatah al-Islam a-t-il les capacités de déstabiliser le Liban?

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Le Fatah al-Islam a-t-il les capacités de déstabiliser le Liban?

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Check-point sur la route qui mene au camp de refugies palestiniens de Nahr al-Bared ce matin. L’armée libanaise se limite à contrôler l’entrée des douze camps palestiniens au Liban, en vertu d’un accord entre les pays arabes datant de 1969.
Mais à l’intérieur des camps, les milices font la loi. Elles continuent à porter des armes malgré la résolution de l’ONU de 2004 appellant au désarmement de toutes les milices au Liban.

C’est le cas du Fatah al-Islam, un groupe issu en novembre 2006 du mouvement pro-syrien Fatah al-Intifada. Il est censé avoir quelque 200 miliciens basés à Nahr al-Bared.

Le Fatah al-Islam est dans le collimateur de l’armée libanaise depuis le 13 février 2007. Ce jour-là, deux attentats contre deux bus à Metn, un secteur chrétien au nord de Beyrouth, faisaient trois morts. C‘était la veille de l’anniversaire de l’assassinat de Rafik Hariri. Selon les autorités libanaises, quatre syriens membres du Fatah al-Islam ont avoué en être les auteurs.

Pour beaucoup, comme le spécialiste du terrorisme international Claude Moniquet, la Syrie est bien derrière ce groupe: “Nous sommes dans le nord du Liban, nous sommes près de Tripoli, dans une zone dans laquelle l’influence syrienne est importante, et l’on peut penser que la Syrie, qui, elle a des contacts depuis longtemps avec ce genre d’organisations, pourrait utiliser le Fatah al-Islam pour déstabiliser le Liban.”

Un lien nié par la Syrie tout comme par le chef du Fatah al-Islam, Shaker al-Abssi. Condamné à mort en Jordanie pour l’assassinat d’un diplomate américain, incarcéré en Syrie, il a été relâché l’année dernière, et a gagné le Liban. Abssi affiche deux priorités: établir la charia dans les camps de réfugiés et lutter contre Israel. Il reconnait une proximité idéologique avec Al Qaeda mais nie avoir des liens organiques avec.

Doit-on donc se préparer a une nouvelle crise libanaise? L’analyse de Claude Moniquet: “La déstabilisation du Liban est extrêmement possible, mais cette organisation ne peut déstabiliser le Liban effectivement que si elle se trouve des alliés. Est-ce que le Hezbollah est prêt aujourd’hui à s’embarquer dans une nouvelle aventure comme celle qu’il a connu l‘été dernier, ça n’est pas certain…”