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Vladimir Chizhov : "Le problème du Kosovo est trop complexe pour être traité rapidement"

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Vladimir Chizhov : "Le problème du Kosovo est trop complexe pour être traité rapidement"

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Le sommet Union européenne/Russie qui se tient vendredi à Samara sera certainement un des sommets bilatéraux les plus rugueux entre les deux blocs depuis la fin de la guerre froide. Il y a de nombreux sujets de désaccord entre Moscou et Bruxelles : le statut du Kosovo, le dossier énergétique, l’embargo sur la viande polonaise et les droits de l’homme par exemple. Vladimir Chizhov, l’ambassadeur russe auprès de l’Union européenne nous a expliqué la position de son pays sur ces sujets.

Euronews: «Les sujets qu’abordera le sommet, sont vraiment proches de ceux qui font l’actualité internationale et les discussions diplomatiques. Par exemple le dossier du Kosovo va venir sur le tapis et c’est un sujet sur lequel l’Union européenne et la Russie ne partagent pas les mêmes points de vue.

Vladimir Chizhov, ambassadeur russe auprès de l’Union européenne: Je ne pense pas que je puisse partager votre avis sur le fait que l’Union européenne a une position claire sur le Kosovo, ce serait un peu exagéré. Mais nous avons des différences de vue sur les tactiques qui mènent à un accord sur le Kosovo.

EuroNews: Qu’entendez-vous par tactiques, parce qu’il ne s’agit pas de tactiques, je parlerai plutôt de stratégies, vous ne pensez pas ?

Vladimir Chizhov: Je dirai que la stratégie est quelque chose que nous partageons : nous voulons avoir un Kosovo en paix, stable, démocratique et multi-ethnique : c’est la base commune de l’approche russe et de l’approche de l’Union européenne et de tout le monde. Comment arriver à cela ? Je pense que seule une solution négociée sera viable car une solution imposée ne marchera pas.

EuroNews: Pensez-vous que Belgrade et Moscou pourraient s’accorder sur l’indépendance du Kosovo à la fin du processus de négociations ?

Vladimir Chizhov: Il y a plusieurs moyens de travailler. Nous travaillons activement car la Russie vous savez ce n’est pas que la Russie va aller s’asseoir en se disant contre l’indépendance et en oubliant ce qu’elle a dit. Nous ne voyons franchement aucune raison à ce que la communauté internationale se dépêche de trouver une solution. Pour tout le monde ce problème est trop compliqué pour être traité rapidement.

EuroNews: Est-ce que le plan Ahtissari est mort ?

Vladimir Chizhov: Vous savez, mort ou vivant, ce n’est pas la meilleure base possible pour une solution au Kosovo.

EuroNews: Disons qu’il est gravement blessé7;

Vladimir Chizhov: Bon, je dirai que peut-être les personnes impliquées dans cet accord devraient chercher une meilleure option.

EuroNews: Autre point de controverse dans les relations entre l’Union européenne et la Russie : c’est la question énergétique qui est directement liée à l’accord de partenariat et de coopération entre l’Union et la Russie : un accord qui n’a pas encore été signé d’ailleurs.

Vladimir Chizhov: Les négociations n’ont pas pu démarrer jusqu‘à présent à cause du veto d’un Etat membre sur l’approbation du mandat de la Commission européenne qui sera notre vis-à-vis pendant ces négociations.

EuroNews: Comment pensez-vous aboutir à un accord comme celui de partenariat et de coopération alors qu’il existe un embargo sur des produits venant d’un Etat membre de l’Union européenne ?

Vladimir Chizhov: Cet embargo est pleinement justifié et aussi bien la Commission européenne que les autorités polonaises le savent. Le vrai problème ce n’est pas la viande polonaise en soi : ce n’est pas un problème de viande produite par les éleveurs polonais; le problème c’est le mécanisme inadéquat de contrôle qui existe en Polgne et dans d’autres pays. C’est en partie un problème institutionnel pour l’ensemble de l’Union européenne parce que l’Union est construite de telle façon à se protéger elle-même des produits hasardeux qui entrent sur son marché. Donc les contrôles portent essentiellement sur les importations et sont beaucoup plus laxistes sur ce qui peut sortir de son territoire.

EuroNews: Tous ces pays membres sont beaucoup plus intéressés à garder de bonnes relations avec la Russie parce qu’il y a le problème de l‘énergie. Pensez-vous que quelque chose de nouveau peut se produire si le sujet est abordé à Samara au cours du sommet ?

Vladimir Chizhov: Oui….Le dialogue sur les questions énergétiques est un élément important dans les relations ente la Russie et l’Union européenne; mais quand on parle de la sécurité énergétique, c’est une notion que tout le monde peut comprendre car elle inclut la sécurité des approvisionnements, la sécurité de la demande et entre les deux : du transport.

EuroNews: Des pays sont prêts à ouvrir leurs marchés à des opérateurs russes comme Gazprom et d’autres compagnies pétrolières ou gazières importantes. Pensez-vous qu’une vision plus claire de la part de l’Union Européenne sur ce point pourrait aider la Russie à ratifier la Charte sur l‘énergie ?

Vladimir Chizhov: L‘énergie est un domaine très spécifique de l‘économie qui requiert d‘énormes investissements : des investissements à long terme et vous savez : baser ce secteur sur un régime libéral pourrait ne pas conduire aux résultats escomptés en termes de prix pour le consommateur. Je pense qu’en fait on devrait regarder le futur dans cette optique plutôt que revenir en arrière sur cette charte de l‘énergie. Il y a certains principes sur lesquels on peut s’accorder et qui peuvent être présents dans le futur traité de partenariat stratégique entre la Russie et l’Union européenne : certains reflétant les principes de la charte de l‘énergie et d’autres peut-être plus avancés; plutôt que d’effectuer des circonvolutions autour d’un document spécifique qui je dirai, appartient déjà à une autre époque».