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La France au coeur des enjeux européens

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La France au coeur des enjeux européens

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“Je crois sincèrement en la construction européenne et que ce soir la France est de retour en Europe”, avait lancé Nicolas Sarkozy à peine son élection annoncée. Le nouveau président français s’est fixé pour première mission de sauver l’Europe institutionnelle. Pour ce faire, le moteur franco-allemand va remettre le turbo sur le traité censé remplacer la constitution. Nicolas Sarkozy veut un traité allégé, qui se contente de réformer la mécanique institutionnelle, sans passer par la case référendum. L’analyste Daniel Gros :

“Il est probable qu’il y ait du mouvement sur le front constitutionnel parce que Sarkozy veut avoir du succès et le meilleur moyen d’y parvenir à l‘échelle européenne, c’est de donner aux Allemands quelque chose. Ce quelque chose, ce doit être au moins un mini-traité, et un traité qui puisse aussi satisfaire Gordon Brown.”

Le chancelier de l’Echiquier prendra le 27 juin le relais de Tony Blair à la tête du gouvernement britannique. Notoirement plus sceptique vis-à-vis de l’Europe, il pourrait rejeter certaines réformes institutionnelles comme l’extension du vote à la majorité qualifiée qui supprimerait le droit de véto dans la plupart des domaines. Le sentiment de l’eurodéputé français Jacques Toubon : “Nous partons en apparence, à en croire la une des journaux, de positions extrêmement divergentes. Et je suis persuadé que nous avons affaire à des hommes et des femmes politiques qui ont la capacité d’arriver à des accords, et je l’espère, plus vite que leurs prédécesseurs.”

Optimisme aussi de l’eurodéputé britannique Richard Corbett : “Brown et Sarkozy pourraient bien s’entendre. Nous verrons, mais l’essentiel en Europe, c’est d‘être capables de travailler ensemble, même si nous avons des perspectives et des points de vue différents. C‘était peut-être plus difficile avec Chirac qui avait tendance à changer si radicalement de point de vue sur divers sujets d’une année sur l’autre. Peut-être que cela sera plus facile avec Sarkozy.”

Avec le départ de Jacques Chirac et celui de Tony Blair, dont le sommet de la fin juin sera le dernier, une page se tourne. Une page dont on retiendra les multiples bras de fers franco-britanniques. Quid de l‘ère Sarkozy-Brown.