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Il est une boîte de pandore, et pas des moindres, que la France entend rouvrir : l’adhésion turque et les négociations qui doivent y conduire. Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy a clairement annoncé la couleur. Pour lui, la Turquie n’a pas sa place en Europe. Réaction à chaud du premier ministre turc, au lendemain de l‘élection de Nicolas Sarkozy : “Nous souhaitons ne plus entendre dans les relations bilatérales le même genre de déclarations que celles faites par monsieur Sarkozy durant la campagne électorale.”

Pour le nouveau locataire de l’Elysée, la majeure partie du territoire turc se trouvant en Asie, cela pose la question de l’extension des frontières européennes. En filigrane se pose aussi celle de l’adhésion d’un pays musulman. Egemen Bagis, conseiller pour les Affaires étrangères auprès de Recep Tayyip Erdogan : “La dernière fois que j’ai vérifié, l’Union européenne n‘était pas un club chrétien. Et si c’est le cas, ils feraient bien de nous le dire. Mais d’après ce qu’ils nous disent, c’est une union fondée sur des valeurs. Des valeurs qui sont la démocratie, les droits de l’Homme, la liberté d’expression, la liberté de pensée. Ce sont les valeurs pour lesquelles nous nous sommes battus pendant la guerre froide en tant que membre de l’OTAN.”

Les rapports entre la France et la Turquie s‘étaient déjà raidis l’an dernier lorsque Paris avait pénalisé la négation du génocide arménien, génocide commis sous l’empire ottoman entre 1915 et 1917. L’ambassade de France à Ankara avait alors été la cible de manifestations.

Quant à l’adhésion du pays à l’Union européenne, aussi lointaine soit-elle, la France pourrait l’hypothéquer. Le nouveau président préfèrerait un partenariat privilégié et espère réorienter les négociations en cours, dont la finalité actuelle est l’adhésion et rien d’autre. Pour en changer le cadre officiel, l’unanimité des Vingt-sept est nécessaire, or la Turquie compte bien des soutiens parmi les gouvernements européens.

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