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Palestiniens, l'entente impossible

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Palestiniens, l'entente impossible

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La Mecque, février dernier : après une année de violences partisanes qui ont fait des centaines de morts, Hamas et Fatah s’engagent à se partager le pouvoir. Assis autour du roi Abdullah d’Arabie saoudite, Mahmoud Abbas au nom du Fatah et Khaled Meshal pour le Hamas donnent leur parole .

En mars, la formation d’un gouvernement d’Union nationale, avec la participation du Fatah, va redonner de l’espoir. L‘étau occidental, imposé depuis un an, se désserre, et le nouveau ministre de l’Intérieur Hani Qwasmi annonce une ère de réconciliation nationale et un accord entre les factions palestiniennes, mais le 14 mai, il démissionne, incapable de stopper les affrontements qui ont repris de plus belle. Comme ici : nous sommes le 19 mai,le convoi du chef des renseignements du président Abbas est attaqué, quelques minutes après le début d’un cessez-le-feu signé entre les deux camps. La cinquième trève depuis le début des affrontements, qui ont fait les jours précédents 50 morts.

Depuis, la situation n’a fait qu’empirer. Au point qu’aujourd’hui le ministre de la Justice, Ali al-Sartawi, membre du Hamas, affiche clairement son pessimisme : “Je ne peux pas dire qu’on s’approche d’une guerre civile, je dirais qu’on est déjà en pleine guerre civile. L’anarchie sécuritaire qui règne à Gaza est dangereuse, voire plus dangereuse que l’occupation israélienne.” 36

En un an, plus de 630 Palestiniens sont morts à Gaza, victimes des violences fratricides. Des violences qui n’ont plus de limites, et s’exercent même dans les hôpitaux, comme le raconte cette femme : “ Mon frère était à l’hôpital, quand ils l’ont tué, ici, à l’intérieur de l’hôpital. Ils t’ont tué, ils t’ont tué.”

submergés par la douleur et la colère, les Palestiniens accusent leurs dirigeants, qu’ils soient du Fatah, ou du Hamas : “Ils sont tous des traîtres et des marchands de sang ! Tout ce qu’ils font c’est pour le pouvoir.”

La cause palestinienne, sacrifiée aux luttes de pouvoir… Les Palestiniens qui le peuvent choisissent la fuite vers l’Egypte, au risque de devenir, une fois encore, des réfugiés…