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Kosovo : les nationalistes serbes célèbrent leur histoire

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Kosovo : les nationalistes serbes célèbrent leur histoire

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Gazimestan est un lieu hautement symbolique dans l’histoire de la Serbie. Mais il se trouve au Kosovo. Alors, les Nations unies ont interdit au groupuscule paramilitaire “La garde du prince Lazar” de venir y célébrer ce jeudi la bataille perdue par les troupes serbes en 1389. Ce qui n’a pas empêché des admirateurs du général Mladic de braver l’interdiction.

Ici, autrefois, la Serbie a subi la loi des Ottomans. Aujourd’hui, les nationalistes ne veulent pas lâcher un pouce de terrain. “Nous sommes ici pour commémorer notre histoire. Autrement dit, pour dire que nous n’abandonnerons jamais le Kosovo”, affirme cet homme. “Les musulmans ont La Mecque, nous, nous avons Gazimestan”, explique un intellectuel serbe pour illustrer la force du lieu.

Mais à Pristina, la capitale du Kosovo, la population albanophone n’a bien sûr pas les mêmes références historiques et culturelles. Ainsi, cet universitaire kosovar, qui enseigne l’histoire des Balkans, estime que “la célébration de cette bataille est exploitée depuis vingt ans par les adeptes du nationalisme serbe et du radicalisme ethnique, longtemps représentés par le régime de Milosevic.”

C’est de Mitrovica, la deuxième ville du Kosovo (où cohabitent péniblement, chacun d’un côté du fleuve, Serbes et Albanophones), que partent des bus de Serbes vers le lieu de la célébration. Ces véhicules sont escortés par les forces des Nations unies. Preuve d’une région douloureusement divisée. Les uns, Albanophones, rêvant d’indépendance ou tout au moins de la très large autonomie promise par la communauté internationale ; les autres, Serbes, redoutant une telle option.