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Ramón Calderón : "pour l'instant, le dossier Kakà est bloqué"

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Ramón Calderón : "pour l'instant, le dossier Kakà est bloqué"

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Ramón Calderón est président du Real Madrid depuis le 2 juillet 2006. En un peu plus d’un an, il a essuyé de nombreuses critiques et traversé des périodes très difficiles. Pourtant, contre toute attente, le Real a mis fin à plus de 3 ans de disette en remportant le championnat d’Espagne à l’issue d’un sprint final époustouflant. Le Real Madrid, le meilleur club du XXème siècle, est en train de réussir sa mue. Oubliés les galactiques, place au beau jeu, une tradition chez les Merengues.

Ramón Calderón a accepté de faire un bilan de sa première année de présidence sur EuroNews

EuroNews : Bienvenue M.Calderón. Cette année a été difficile, elle a commencé avec la polémique des élections ou les résultats ont été fortement contestés. Puis, au niveau sportif, le club omnisport a rencontré beaucoup de succès dans ses différentes sections, football inclu. Quel est votre bilan de cette saison ?

Ramón Calderón : Du côté sportif, cela a été une saison magnifique. Gagner deux titres de champion d’Espagne, en football et au basket, et en plus remporter la Coupe ULEB, nous n’avions plus connu une telle réussite depuis près de 40 ans. C’est vrai que nous avions beaucoup de doutes au départ, ce qui est logique dans le football. Il y avait un nouvel entraîneur, 8 nouveaux joueurs, un nouveau système et nous restions sur 3 saisons blanches. Cela compliquait les choses mais finalement le succès est au rendez-vous, et cela est un vrai motif de satisfaction pour tous les “madridistes”.

EN : On va maintenant se concentrer sur le football. Le titre était très attendu, pourtant cela n’a pas empêché le Real Madrid de se séparer de son entraîneur, de licencier le réputé Fabio Capello pour s’orienter vers l’inexpérimenté Bernd Schüster. Pourquoi se séparer de Fabio Capello qui avait rempli sa mission ?

R.C : Parce que le Real Madrid doit toujours viser l’excellence. C’est vrai que nous avons remporté la Liga, mais il est aussi vrai que le public n’a pas été satisfait du spectacle proposé. Pour cette raison nous avons decidé de changer. Je crois que c‘était le bon moment de le faire, nous devions attendre la fin de la saison. Nous avons remercié Fabio Capello pour son excellent travail, mais nous voulions continuer à rechercher ce petit plus qui fait toujours la différence. Notre objectif est de produire un football qui enchante notre public. Toute la saison nous avons dû supporter une pression populaire terrible mais moi je ne voulais pas changer de coach en cours de saison. Il fallait attendre. On l’a fait maintenant, et on espère avoir bien fait.

EN : Qu’est-ce que Schüster peut apporter de plus que Capello à cette équipe ?

R.C : Il est un des entraîneurs qui correspond le mieux à ce que l’on recherche pour notre club. Avec lui, nous aurons une équipe qui joue offensivement, qui pratique un football agréable. C’est le profil d’entraîneur que l’on cherchait, celui qui donne a l‘équipe ce jeu châtoyant.

EN : Nous sommes en pleine trêve estivale : les footballeurs se reposent mais on travaille dur dans les bureaux sur le recrutement. Plusieurs noms circulent autour du Real Madrid, parmi eux, Kakà revient avec insistance depuis votre arrivée à la présidence. Ce transfert est-il possible ou cela n’est-il qu’un rêve inacessible ?

R.C : Pour l’instant, la situation est bloquée. Les dirigeants du Milan ne veulent pas vendre leur joueur, donc il n’y a pas possibilité de le faire venir à Madrid. Ce serait différent si, lui, voulait quitter le Milan. S’il voulait nous rejoindre, nous serions, évidemment, ravis de l’accueillir au Real Madrid.

EN : Un autre nom avait été cité dans votre programme électoral, Arjen Robben, l’ailier de Chelsea. Etes-vous encore intéressé par lui ?

R.C : Oui. Des négociations sont en cours, mais le joueur doit déjà convaincre Chelsea de le laisser partir. Les prochains jours seront pour nous de longues journées de travail et de négociation, avec de possibles arrivées mais il faut se montrer patient.

EN : Vous travaillez, mais il y a d’autres clubs qui travaillent eux aussi, et assez vite.
En Europe, le Bayern de Münich a bouclé un recrutement de haute qualité tandis que Manchester a misé sur des joueurs promis à un grand avenir.
En Espagne, Barcelone a déjà présenté des joueurs comme Abidal, Yaya Touré et surtout Thierry Henry. Tout le monde attend que le Real s’active. Etes-vous en retard par rapport à ces grands clubs ?

R.C : Non, mais tout cela est normal et assez logique. Barcelone, pour prendre cet exemple, devait le faire. Ils se sont activé et y ont mis les moyens parce que le Real Madrid est le champion. C’est eux qui doivent nous rattraper et doivent donc renouveler leur équipe. Nous, nous devons simplement consolider la nôtre.

EN : On va maintenant parler du G-14 et de ses problèmes avec l’UEFA. Jusqu’ou vont les différences d’intérêts entre les grands clubs, comme le Real Madrid, et l’UEFA, l’organisme dirigeant le football européen, ces divergences représentent-elles un problème insoluble ?

R.C : Il faut essayer d’avoir une bonne relation. Si le G-14 continue à exister, il devra le faire avec la reconaissance expresse de l’UEFA et la FIFA. Sinon, son existence sera remise en cause.

EN : Vous considérez comme nécessaire l’existence d’un organisme externe aux clubs qui règle le football européen ?

R.C : C’est une question qu’il faut traiter au sein de l’UEFA et de la FIFA, ce serait l’idéal. De cette façon on ne briserait pas les liens de la famille. La famille du football doit rester unie et doit essayer de défendre les intérêts de tous de la même façon. Un affrontement ne serait pas une bonne chose, cela n’apporterait rien au football.

EN : La création d’une Super Ligue européenne avec seulement de grands clubs comme le Real Madrid, Manchester ou Milan est-elle envisageable avec l’UEFA mise de côté ?

R.C : Je ne le crois pas. Il existe déjà une Super Ligue et elle s’appelle Ligue des Champions. Elle rencontre un grand succès auprès du public, au niveau télévisuel et économique. Il faut continuer à donner de la puissance à cette compétition. Le Real Madrid ne serait pas d’accord pour organiser un championnat parrallèle sans l’UEFA.

EN : Concernant la FIFA et ses relations avec les grands clubs européens, comme le Real Madrid. Tout le monde connait les problèmes des calendriers trop serrés et des matches internationaux avec des joueurs qui reviennent blessés de sélection. Certains clubs ont même parfois porté plainte. Que faire ?

R.C : On travaille sur cette question pour, notamment, que les clubs reçoivent la compensation financière appropriée. La FIFA elle aussi y travaille. Elle a déjà annoncé que des assurances seront engagées pour couvrir les éventuelles blessures. La FIFA travaille bien et nous sommes très contents de ses avancées. La relation avec M.Blatter est très bonne. Il a eté et reste un homme qui apporte beaucoup au monde du football. A partir de la, nous sommes sûrs que la solution sera très bonne pour toutes les parties : les clubs et le monde du football en général.

EN : Avant de conclure, un pronostic : Qui sera le prochain vainqueur de la Ligue des Champions ?

R.C : J‘éspère pouvoir la gagner. Ce serait la dixieme coupe d’Europe du Real Madrid, celle que tous nos supporters attendent, celle qu’ils veulent voir prendre place dans nos vitrines. Nous allons tout faire pour avoir une équipe capable de réussir cet exploit.

EN : Merci beaucoup monsieur Calderón

R.C : Mercí.