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Départ des troupes britanniques d'Irlande du Nord

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Départ des troupes britanniques d'Irlande du Nord

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Dès minuit, heure irlandaise, pour la première fois depuis 38 ans la police d’Irlande du Nord assumera seule les opérations de maintien de la paix dans la province. L’armée de terre conservera 5 000 soldats en Ulster, mais les militaires pourront êtres envoyés en mission à l‘étranger. Depuis 1969, la garnison a perdu 763 hommes en terre nord-irlandaise comme le rappelle le général Nick Parker: “ Nous avons eu beaucoup de travail pour venir à bout de l’IRA, cela a été un challenge identique à celui de notre armée en Irak ou en Afghanistan… Ce n’est pas un match de rugby, nous n’allons pas nous serrer la main à la fin. Il y a eu beaucoup de sacrifices.” En 1969, l’armée britannique fut envoyée en Irlande du Nord pour séparer les catholiques des protestants.Point de départ des troubles : les Nationalistes réclamaient les mêmes droits civiques que les Unionistes. Les protestants ont vu leur pouvoir menacé et craignaient aussi la remise en question de leur supprématie sur la société nord-irlandaise. Les rassemblements furent interdits et les manifestations pacifiques réprimées de plus en plus violemment. Le 30 janvier 1972 à Londonderry, l‘épisode meurtrier du Bloody Sunday où 13 manifestants catholiques sont tombés sous les balles de parachutistes anglais a contribué à grossir les rangs de l’IRA. Le colonel Wilford commandait les paras: “ Mes troupes ont fait le travail pour lequel elles étaient entraînées et c’est ce que j’attendais. Si ces hommes avaient été sous-entraînés, il y aurait eu bien plus de 13 morts.” Six mois plus tard, le 21 juillet, l’IRA réorganisée, le conflit s‘étendit à la ville de Belfast. Vingt-deux bombes visèrent des représentations économiques et militaires du gouvernement britannique. Bilan : neuf morts et un conflit dans l’impasse.“Il n’y avait pas d’issue militaire possible contrairement aux autres conflits. Une solution politique devait intervenir et c’est ce qui est arrivé”…Mais ce fut long, aurait pu préciser le général Jackson. Le gros des troupes britanniques a quitté la province en 2005, sept ans après les accords historiques du vendredi saint qui prévoyaient la mise en place d’un exécutif à deux têtes. Protestants et catholiques ne se sont entendus que cette année pour former leur gouvernement semi-autonome.