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Liban : les Chrétiens se déchirent

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Liban : les Chrétiens se déchirent

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Au sein d’un Liban déjà tiraillé entre anti et pro-syriens, les Chrétiens affichent de profondes divisions internes. Cette communauté ne parle plus à l’unisson. Alors qu’approche la présidentielle de septembre prochain, elle est partagée entre deux chefs de file. D’un côté, les partisans d’Amin Gemayel. De l’autre, ceux de Michel Aoun. Au Liban, le pouvoir est réparti entre Chrétiens et Musulmans. Le président élu par le Parlement est toujours un Chrétien maronite. Mais Gemayel et Aoun sont tous deux prétendants. Et chacun s’appuie sur ses alliances. Amin Gemayel est soutenu par les anti-syriens, actuellement majoritaires à l’Assemblée et par les Sunnites. Ancien président du Liban de 1982 à 1988, il se présentait aux législatives de ce week-end pour remplacer son fils, Pierre tué en novembre 2006. Mais il a échoué. Il a été battu par le candidat de Michel Aoun. Après 10 ans d’exil, Michel Aoun a fait son retour en 2005 au Liban. Les Chrétiens remportent alors les législatives. Michel Aoun revendique depuis le leadership de la communauté. En 2006 il s’allie avec le Hezbollah soutenu par la Syrie. Pour, dit il, faire cohabiter Chrétiens et Musulmans. Depuis sa popularité s‘érode.

Les Maronites forment la plus importante composante chrétienne du pays. Ils sont aussi présents dans des zones mixtes avec des Grecs catholiques. 40% des Libanais seraient chrétiens. Les Chiites représenteraient 32% de la population. Les Sunnites 21%. Avant leurs divisions d’aujourd’hui, Amin Gemayel et Michel Aoun ont eu des destins liés. Le premier a lancé la carrière du second. Il avait nommé Michel Aoun président d’un gouvernement de transition juste avant d’abandonner le pouvoir en 1988. Michel Aoun se lance alors dans une ‘‘guerre de libération’‘ contre la Syrie et son influence sur la scène libanaise. Mais des violences entre Chrétiens qui culminent en 1990 mettent fin à son initiative face à Damas. Les candidats à la présidentielle libanaise doivent réunir 2/3 des suffrages à l’Assemblée pour être élus. La majorité et l’opposition doivent donc trouver un accord. Si les Chrétiens de la majorité anti-syrienne n’arrivent pas à s’entendre avec les partisans de Michel Aoun, cette élection et les institutions du pays du Cèdre pourraient être bloquées.