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Pervez Musharraf, un président sous pression et de plus en plus isolé

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Pervez Musharraf, un président sous pression et de plus en plus isolé

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L’absence du général Pervez Musharraf à la Jirga de paix à Kaboul en Afghanistan n’est pas passée inaperçue. Officiellement retenu par d’autres engagements, le président pakistanais est sous pression dans son pays comme sur la scène internationale.
Alors que le Pakistan est en proie à la violence, Musharraf a été tenté d’instaurer l‘état d’urgence avant d’y renconcer. Et ses relations avec son allié américain ne sont pas non plus au beau fixe. Washington se fait plus en plus insistant. Les américains souhaitent que Musharraf reprenne le contrôle des régions frontalières au nord du pays. Une zone qui sert de base arrière aux talibans et aux activistes d’al-Qaeda.

Le Pakistan voit rouge. Les récentes attaques terroristes ont fait plus de deux-cents victimes. Mais quand les autorités ont voulu reprendre le contrôle de la Mosquée rouge, un bastion islamiste en plein Islamabad, l’opération s’est terminée par un bain de sang. Le général ne ménage pas ses efforts mais ses actions semblent contreproductives. Musharraf a aussi pris une claque institutionnelle. Le mois dernier, la Cour suprême du Pakistan a jugé illégale la suspension de son président. Musharraf s’est engagé à respecter la Consitution. Sa réélection à la tête de l’Etat à la fin de l’année pourrait être compromise.

Ses relations avec le voisin afghan ne sont pas non plus au beau fixe. Hamid Karzaï l’accuse de ne pas en faire suffisamment pour aider à stabiliser la région. Une critique relayée par Washington. Au début du mois le président George W. Bush a signé une loi qui lie l’aide américaine au Pakistan aux progrès réalisés dans la lutte contre les terroristes. Un rapport secret américain sur la politique antiterroriste laxiste du Pakistan a également été dévoilé. Les déclarations se multiplient. C’est l’escalade. Plusieurs fois les autorités américaines ont évoqué la possibilité de frappes sur le sol pakistanais contre les cibles terroristes dans le nord du pays. George W. Bush joue sur la crainte de voir al-Qaeda se reconstituer et se renforcer. Le message est clair, le Pakistan doit faire plus.

Cerné par les problèmes, Pervez Musharraf est de plus en plus isolé. Après huit ans de pouvoir, le général semble se trouver dans une impasse.