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Début de fronde anti-mafia de la société civile en Sicile

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Début de fronde anti-mafia de la société civile en Sicile

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A Caltanissetta, en Sicile, une révolte anti-mafia a germé. Lassés par une forte augmentation du racket des entreprises siciliennes, les patrons se sont réunis ce week-end au sein de la Cofindustria, la confédération patronale de Sicile. L’association évalue à près de dix milliards d’euros par an les sommes rackettées par la mafia sicilienne. La Cofindustria a décidé d’expulser de ses rangs tous ceux qui accepteraient de payer l’impôt mafieux, le “pizzo” : “Il sera impossible d‘être à la Cofindustria tout en payant l’impôt mafieux, en ayant des relations avec des criminels”.

“Nous voulons vivre comme les citoyens d’un pays normal”, peut-on lire dans une lettre envoyée au président de la République italienne. Un texte écrit par celui qui est à l’initiative de la révolte anti-mafia, Andrea Vecchio. Ses engins de chantier ont été endommagés après son refus de payer le pizzo. Andrea Vecchio a reçu des menaces de mort. Il vit avec sa famille sous la protection de la police.

Marco Venturi est le président de la chambre de commerce de Caltanissetta. Lui aussi a reçu des messages d’intimidation. Il reconnaît qu’il a peur. Sa maison a été attaquée. Pour mettre un terme à ces agissements, le vice-président national de la Cofindustria a même réclamé l’envoi de l’armée. Le chef du gouvernement italien a écarté cette mesure et estime que la “réaction de la société civile” est plus efficace”.

Des affiches collées dans les rues donnent le ton de cette réaction civile : “un peuple qui paie le pizzo, soulignent elles, est un peuple qui n’a pas de dignité”.