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C‘était il y a 68 ans : la Pologne était envahie d’un côté par les troupes nazies et de l’autre par l’Armée rouge. Le plan avait été échaffaudé dans le pacte secret germano-soviétique d’août 1939. En quelques semaines, la Pologne est coupée en deux : une partie est dominée par Staline, l’autre par Hitler. Toute résistance polonaise est écrasée.

1941 : l’Allemagne rompt le pacte et envahit l’URSS. 1943 : les soldats allemands découvrent les cadavres de milliers d’officiers polonais. Ils ont été abattus et enterrés dans des charniers dans la forêt de Katyn. Nous sommes près de Smolensk en Russie occidentale. Les images, largement diffusées, entretiennent la propagande anti-soviétique. Les nazis accusent l’URSS, mais Moscou dément et accuse à son tour le IIIème Reich de chercher à dissimuler ses propres atrocités.

A la fin du conflit, personne ne peut ni ne veut faire la lumière sur cette affaire, les combats idéologiques de la Guerre froide se prêtent mal à la recherche de la vérité.

Reste que dans les charniers de cette région de Katyn, les corps de 20 000 Polonais sont exhumés. Les experts établissent qu’ils ont été massacrés au printemps 1940. Or, à cette date, l’armée allemande n’avait pas envahit l’URSS. Autrement dit, les nazis ne sont pas responsables du massacre.

Il faut attendre 1990 pour que Moscou reconnaisse la responsabilité soviétique : les crimes ont été commis par la police secrète sur ordre de Staline. En guise de preuve, ces documents transmis par les Russes aux autorités polonaises.

En 1993, Boris Elstine se rend sur les lieux pour une cérémonie du souvenir.
Mais deux ans plus tard, il est absent des cérémonies, alors même qu’il a été invité par le président polonais.
Cette absence nourrit la polémique, et depuis, le massacre de Katyn continue d’entretenir la discorde entre les deux voisins.

La Russie refuse toujours de publier certaines archives encore secrètes. C’est pourtant ce que réclament les historiens polonais qui souhaitent que le massacre de Katyn ne soit plus considéré par Moscou comme un crime militaire mais comme un génocide.

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