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Immigration : vers des tests ADN pour les candidats au regroupement familial

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Immigration : vers des tests ADN pour les candidats au regroupement familial

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Une nouvelle loi sur l’immigration, à l‘étude en France. C‘était une promesse électorale de Nicolas Sarkozy : maîtriser les flux migratoires. Le texte, débattu au Parlement, prévoit notamment de durcir les conditions de regroupement familial. Et l’une des mesures les plus controversées vise à autoriser l’usage de tests génétiques dans la procédure de demande de visa, pour des séjours de plus de trois mois. Concrètement, le demandeur de visa qui voudrait rejoindre sa famille en France pourrait se voir demander un test ADN pour prouver la filiation. Cette pratique existe déjà dans une dizaine de pays européens.

A l’origine de cet amendement, le député UMP Thierry Mariani, proche du président Sarkozy :

“Il y a un vrai problème de fraude documentaire. C’est-à-dire, qu’on sait très bien que dans certains pays d’Asie et d’Afrique – l’Italie a fait une liste, la Belgique a fait une liste -, les actes d‘état civil ne sont pas toujours vrais, parce que les fonctionnaires sont mal payés et parce que la corruption est telle qu’il est facile d’acheter un faux acte d‘état civil.”

Mais le texte suscite de vives protestations. Les défenseurs des droits de l’homme crient à la discrimination entre familles étrangères et françaises. C’est aussi l’argument du généticien Axel Khan : “C’est quelque part immoral, car pour les familles françaises depuis très longtemps (1994) on a dit: le coeur de la famille ne peut pas être réduit à sa dimension biologique; c’est a dire la transmission des gènes.”

Qu’en pensent les personnes a priori concernées par cette mesure ? Eléments de réponse recueillis auprès de réfugiés dans un centre d’accueil de la région parisienne. Devant la caméra, cet homme venu d’Ethiopie défend le recours au test génétique.

“Les tests ADN sont quelque chose de très importants. Par exemple, ils peuvent permettre d’ouvrir la porte à des étrangers en règle, et dans le même temps fermer l’accès aux clandestins. Donc moi, je suis plutôt pour.”

Reste le coût de ce test, au moins 300 euros, à la charge de l’immigré. Un prix qui correspond à quatre mois de salaire pour un instituteur sénégalais.