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Le président français au chantier délicat de la réforme des régimes spéciaux

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Le président français au chantier délicat de la réforme des régimes spéciaux

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En France, le financement des retraites des générations futures passera par une harmonisation des différents systèmes en France. Ainsi en a décidé Nicolas Sarkozy.
Petit rappel : en 1993, les retraites du secteur privé ont été réformées en profondeur, 10 ans plus tard ce fut au tour des fonctionnaires. Cette fois, l’harmonisation voulue par le président français vise les régimes spéciaux.

En France, il y a des différences selon que l’on travaille dans le secteur privé ou dans la fonction publique. L‘âge du départ à la retraite n’est pas le même, tout comme le nombre d’années de cotisation, ainsi que la base de calcul de la pension.
Exemple : dans le privé, on compte les 25 meilleures années, alors que le public se réfère aux six derniers mois.

Les employés des compagnies électriques et gazières EDF et GDF, le personnel de la SNCF, de la RATP, de la Banque de France, de l’Opéra de Paris, mais aussi les militaires, les prêtres, les mineurs, les clercs de notaire ou même les parlementaires, tous bénéficient de ces fameux régimes spéciaux.

La plupart de ces dispositions particulières datent de l’après-Seconde guerre mondiale. Il faut même remonter au 17ème siècle en ce qui concerne le statut des marins.

Les régimes spéciaux accordent à leur bénéficiaire des départs à la retraite le plus souvent anticipés, des années de cotisation moins longues. Exemple : la SNCF. Le régime spécial couvre la maladie, la retraite et les allocations familiales pour les 178 000 agents actifs, les 190 000 retraités et leur famille. Mais la SNCF accuse un déficit record de trois milliards d’euros.

A la RATP, c’est l’entreprise qui compense les 400 millions d’euros de déficit du régime. Un conducteur de car peut partir à la retraite à 50 ans, un machiniste à 55. Pénibilité, dangerosité: pour le personnel concerné, tout ça se justifie :

“On n’est pas des privilégiés, explique ce chauffeur de bus. Je veux dire la difficulté du métier fait en sorte que ce sont pas des avantages. C’est comme ça et on n’a pas a y toucher aux régimes spéciaux !”

Il faudra sans doute trouver des arguments plus convaincants face à la réalité du privé : Carlos est un chauffeur dans le privé. Il a les mêmes qualifications qu’un conducteur de la RATP, mais il touche 20% de moins et lui devra cotiser 40 ans. “J’arriverai à 65 ans quand j’aurais le droit à ma retraite, ce qui n’est pas favorable en ce qui concerne la sécurité”, constate Carlos.

En engageant la réforme des régimes spéciaux, le président français se lance dans un chantier délicat.
En 1995, le gouvernement d’Alain Juppé s’y était risqué. Un vaste mouvement de grève avait paralysé le pays. La réforme avait été retirée.