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Liban : une élection présidentielle qui stigmatise la crise politique

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Liban : une élection présidentielle qui stigmatise la crise politique

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Le mandat du président libanais, le pro-syrien Emile Lahoud arrive à son terme le 24 novembre. L‘élection de son successeur focalise à présent la crise politique que vit le pays depuis dix mois, lorsque le gouvernement de Fouad Siniora encaisse la démission de tous les ministres chiites et d’un autre, chrétien. La tentative de former un gouvernement d’unité nationale ayant échoué, le Liban s’enfonce dans la crise et les affrontements entre pro et anti- syriens. Institutionnellement, c’est le blocage.

Selon le système traditionnel de partage de pouvoir entre les communautés, le président appartient à la communauté chrétienne maronite, il est élu par les 128 parlementaires, un quorum des 2/3 est nécessaire. Traditionnellement, c’est une figure de consensus, son mandat dure 6 ans.

Nassib Lahoud est le candidat de la majorité anti-syrienne. Il est le cousin du président sortant et ancien ambassadeur aux USA.

Butros Harb, avocat, ancien ministre et député depuis 1972, est un moderé de la majorité anti-syrienne, lui aussi candidat.

Le député et ancien général Michel Aoun, est candidat de l’opposition pro-syrienne. Après des années d’exil en France, il est rentré au Liban en 2005.

Il n’est pas nécessaire d‘être candidat pour être élu, à ce titre, le général Michel Suleiman, prétendant potentiel, est perçu comme un homme de compromis. son élection nécessiterait un amendement constitutionnel, tout comme celle de Riad Salameh. Considéré comme un prétendant sérieux, bien qu’il n’ait pas annoncé sa candidature, ce dernier est gouverneur de la Banque du Liban depuis 93.

Mais comme le souligne l’analyste politique Ossama Safa, rien ne se jouera sans doute demain, les députés disposant d’un délai de deux mois :

“Nous allons avoir une session parlementaire essentiellement symbolique, elle va surtout lancer le processus de l‘élection présidentielle, mais ne va pas aboutir tout de suite. Ce qui va arriver à partir de là est ouvert à toutes les spéculations, mais on peut s’attendre à plus de violence en cours de route…”