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Ankara brandit la menace d'une incursion en Irak

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Ankara brandit la menace d'une incursion en Irak

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Quinze soldats turcs tués ces derniers jours par les séparatistes kurdes, un bilan qui a soudainement fait monter la pression à la frontière turco-irakienne. La Turquie agite la menace d’une intervention militaire en Irak, pratique courante dans les années 90…

Les accords de coopération anti-terroristes signés fin septembre entre les ministres de l’Intérieur des deux pays n’ont pas accordé à Ankara ce dont elle rêvait: à savoir le droit de poursuivre les rebelles kurdes jusqu’en Irak. Menacer aujourd’hui d’aller jusque-là “si nécessaire”, est-ce crédible?

““Si nécessaire” signifie que les Turcs doivent obtenir l’approbation du parlement pour agir, et présenter cette motion en dépit de l’opposition des Etats-Unis et du gouvernement irakien n’est pas vraiment envisageable, explique un analyste turc. Je vois cette menace comme un acte de diplomatie publique dans le but d’apaiser la population turque.”

Car de nombreuses manifestations spontanées ont eu lieu en Turquie après les morts de ces derniers jours. L’opinion publique réclame une réponse ferme des autorités turques. Mais l’intervention en Irak, c’est ce que les Etats-Unis tentent d‘éviter craignant une déstabilisation dans les relations entre les deux principaux alliés de la région.

Dans les villages frontaliers, côté turc, on ne veut pas non plus entendre parler d’une intervention. La guerre a fait trop de victimes:
“ Nos frères, nos oncles, nos pères ont été tués à cause de cette guerre explique une vieille femme. Nous ne voulons pas que la Turquie pénètre dans le nord de l’Irak. La seule solution, c’est que les Turcs et les Kurdes se réunissent et trouvent une issue.”

Depuis 1984, le parti des travailleurs du Kurdistan et l’armée turque se livrent une guerre rampante qui a connu des soubresauts violents au gré des attaques terroristes des rebelles kurdes et de la répression turque. Les Kurdes du PKK veulent la reconnaissance du peuple kurde et l’indépendance du “Kurdistan turc”.

Les Kurdes sont 20 millions en Turquie, sept en Iran, six en Irak et deux millions en Syrie. C’est un peuple géographiquement divisé qui n’a pas les mêmes acquis et pas forcément les mêmes objectifs.

Les Kurdes irakiens jouissent d’une grande autonomie. Leur région est la plus stable d’Irak. S’ils ne considèrent pas les frères du PKK comme des terroristes, ils ont toujours cherché à garder leurs distances avec eux, sans doute pour éviter d‘être la cible de l’armée turque.