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Le douloureux héritage des purges staliniennes

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Le douloureux héritage des purges staliniennes

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En 1924 Staline arrive au pouvoir, succédant à Lénine, mais ce n’est que dans les années 30 qu’apparaissent le stalinisme et ses dérives. “L’homme d’acier”, impose le culte de sa personnalité et engage au milieu des années 30 la liquidation de la vieille garde bolchévique au profit d’une nouvelle génération de cadres qui lui doit tout. Peu après commencent les grandes purges. Des procès spectaculaires ont lieu à Moscou. Leur but : convaincre l’opinion publique de l’existence d’un vaste complot anti-soviétique. De prétendus procès, entièrement mis en scène et dont l’issue est toujours la même : la condamnation à mort. 725 000 personnes auraient été fusillées durant cette période en URSS.

En août 1937, c’est le début officiel des purges à grande échelle. Arrestations, fusillades, déportation au goulag, exil en Sibérie… Le sort des opposants, réels ou imaginaires, est vite réglé. Difficile d‘évaluer précisément le nombre exact des victimes mais on parle le plus souvent de 12 millions et demi de personnes pour la seule période de 1936 à 1938.

Il n’y a presque aucun survivant aujourd’hui. Ce sont donc les familles qui font la demande de réhabilitation. Une entreprise délicate qui doit faire la preuve de l’innocence de la personne concernée. Bogdan Dublenitch, chef du bureau de réhabilitation de la région de Magadan, dans le nord de la Russie explique : “ D’abord, nous devons consulter les archives pour vérifier si la personne combattait contre l’armée rouge ou contre les partisans du régime soviétique ou bien si elle a simplement pillé des civils. Pour nous, il est plus difficile de traiter ce genre d’affaires.”

Destin tragique, le père de Vladimir, soupçonné de collaboration, fut envoyé au goulag, après avoir été libéré des camps nazis par l’armée rouge. “ Je me souviens encore, témoigne-t-il, des visages des hommes qui m’ont dit : “tu n’es qu’un chien, le fils de l’ennemi public” parce qu‘à l‘époque, si votre père était fait prisonnier de guerre, c’est ce qui se passait.”

La dénonciation des crimes de Staline en URSS commença moins de deux ans après sa mort. En 1956, Nikita Khrouchtchev accusa son prédécesseur d’abus de pouvoir. Une ligne qui lui permit d‘évincer certains rivaux et d’accéder au poste de président du Conseil des ministres.