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L'ultime coup de force de Pervez Musharraf?

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L'ultime coup de force de Pervez Musharraf?

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La presse et la rue l’appelle le deuxième coup d‘état de Pervez Musharraf. Ou comment conserver le pouvoir absolu sous couvert de restaurer l’ordre et de sauver la démocratie dans le pays. Une pratique dans laquelle Musharraf est passé maitre. “J’ai du prendre cette décision afin de protéger la transition démocratique que j’ai mise en oeuvre il y a huit ans” a-t-il assuré.

Il y a huit ans, profitant d’une situation militaire tendue dans le Cachemire indien, celui qui vient d‘être nommé chef d‘état-major des armées s’empare du pouvoir sans un coup de feu et promet de restaurer la démocratie. Celui qui se réclame volontiers de Napoléon ou de Nixon, se voit comme le sauveur de la nation pakistanaise et le rempart contre l’islamisme et al Qaeda. Ce qui lui vaut un indéfectible soutien de Washington.

Indéfectible en tous cas jusqu‘à ce nouveau coup de force. En visite à Jérusalem, Condoleeza Rice a immédiatement exprimé la déception de son gouvernement : “Les Etats-Unis le disent aux dirigeants pakistanais, ils ne soutiennent pas les méthodes anticonstitutionnelles” a-t-elle prévenu.

Combien de temps Musharraf parviendra-t-il à tenir le pays sous sa coupe s’il est lâché par la population, par l’allié américain, voire par l’armée, dont le rôle ces prochains jours devrait être crucial. Pour cet analyste, Musharraf a creusé sa propre tombe : “La situation est très sérieuse. En imposant l‘état d’urgence, c’est un acte désespéré que commet le général Musharraf qui montre qu’il est face à une crise qu’il ne peut résoudre… A mon avis, c’est son dernier round”.

Et dans ce round final, quel rôle aura l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, chouchou des américains, et ennemie jurée des islamistes. Leur alliance semble aujourd’hui remise en cause. Quand bien même elle aurait lieu, elle pourrait renforcer les fondamentalistes au parlement, voire la colère de l’armée.