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Annapolis : de nombreuses divisions pour une rencontre à risques

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Annapolis : de nombreuses divisions pour une rencontre à risques

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Pour beaucoup d’observateurs, Annapolis est un sommet à risques. Un pari politique certes, mais qui en cas d‘échec, pourrait avoir des conséquences catastrophiques, notamment pour les Palestiniens. Car ces derniers sont très divisés. Le Hamas ne reconnait aucune légitimité à Annapolis. Et de fait à tout accord qui pourrait y être signé.

A l’inverse, pour Mahmoud Abbas, cette réunion pourrait être l5;unique occasion de laisser sa marque comme le leader palestinien ayant accompli ce à quoi nul n5;était parvenu avant lui. Yasser Abed Rabo, conseiller de Mahmoud Abbas: “Je vous garantis qu’en tant que telle, cette conférence est déjà un succès. La question maintenant, c’est ce qui viendra après, quand nous aurons des négociations directes, sérieuses, et délicates, sur le point principal, la question du statut final.”

En cas de fiasco, Abbas risque de tout perdre. Privé de soutien populaire et à la tête d5;un peuple profondément divisé, son seul espoir est d5;acquérir une légitimité. S5;il revient les mains vides, il sera confronté à un Hamas renforcé, qui pointera sur lui un doigt accusateur.

Affaire délicate aussi côté israélien. Ehud Olmert pourrait tirer profit d5;Annapolis. Mais beaucoup de ses concitoyens le jugent trop faible. Dans les rangs du gouvernement aussi. Les militaires, sous l’impulsion d’Ehoud Barak, dictent une position rigide qui braque les palestiniens. Et les alliés plus radicaux d5;Ehoud Olmert au gouvernement refusent d’aborder les sujets qui fâchent. Des négociations fructueuses pourraient en revanche doper sa cote de popularité. Et lui permettre de marquer des points sur certains dossiers, notamment celui des colonies israéliennes en Cisjordanie.

Reste le monde arabe. Divisé lui aussi. Damas envoie une délégation. Notamment parce que la question du plateau du Golan figure dans le programme de la rencontre. Le Caire et Ryad seront également présents. Mais Téhéran a tout fait pour dissuader son allié syrien et son voisin saoudien de participer à la réunion. Pour l’ayatollah Ali Khamenei, ce sommet n’a été organisé qu’au profit des Israéliens.

Confronté à autant de divisions, Annapolis pourrait n‘être qu’un édifice de carton pâte.